L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Inondation de Bama : Sale temps pour les sinistrés

Inondation de Bama

Sale temps pour les sinistrés

 

Un mois après les inondations qui ont causé d’importants dégâts matériels et de nombreux sans-abri dans le département de Bama, la situation est encore loin de s’améliorer pour les six mille sinistrés qui ont été relogés dans les centres communautaires et surtout  dans les écoles. Les conditions de vie, déjà déplorables dans les différents sites d'accueil, pourraient se compliquer dans les semaines à venir avec la rentrée scolaire qui nécessitera obligatoirement la libération des salles de classe.

 

A Bama, les conséquences des pluies diluviennes du dimanche 29 juillet 2007 sont encore visibles sur le terrain avec notamment ces maisons effondrées  dans les quartiers et ces sites d'accueil qui ne désemplissent pas. La chaîne de solidarité née de cette malheureuse situation a ainsi permis aux victimes de ces inondations de bénéficier d’aide de toutes natures pour couvrir leurs besoins immédiats. Des dons en nature composés de vivres, de médicaments, de vêtements, de couverture, de nattes, etc., sont quotidiennement acheminés vers Bama par des associations ou des structures qui entendent ainsi manifester leur solidarité envers les sinistrés.  Au vu donc de toutes ces actions de bienfaisance, beaucoup pensaient alors que les sinistrés de Bama sont aujourd’hui inondés d’aide. Ce qui est loin d’être le cas avec la visite que nous leur avons rendue mardi dans la matinée. Dans certains centres d'accueil, c’est presque la désolation avec ces femmes et ces enfants couchés à même le sol. "A ce jour, nous n’avons reçu que 500 nattes pour des sinistrés qui sont au nombre de 6 000", nous dit le préfet du département, Alain Galboni. Regroupés dans des salles devenues trop exiguës pour eux, les sinistrés en cette saison pluvieuse vivent dans des conditions difficiles. Alors qu’il pleuvait mardi en fin de matinée, les marmites étaient toujours empilées les unes sur les autres pendant que des femmes restaient là à s’apitoyer sur le sort des plus jeunes.  «Quand il pleut, nous ne pouvons pas préparer parce que notre cuisine se fait en plein air. Aujourd’hui encore, le déjeuner sera servi très tard et nous pensons surtout à ces enfants qui vont demeurer avec la faim jusqu’à l’après-midi», nous dit une sinistrée. Une situation pour le moins déplorable pour des déguerpis qui sont désormais mis à contribution pour assurer leur alimentation. Car, plus d’argent du comité départemental de secours d’urgence (CODESUR) pour assurer le «nanssongô». Les dons en espèces qui s’élevaient à un million deux cent mille francs cfa (1.200.000f) sont aujourd’hui épuisés, nous dit le préfet. Même que dans les jours à venir, les choses pourraient se compliquer davantage avec la quantité de vivre disponible et qui est aujourd’hui loin de couvrir les besoins réels des sinistrés. Ainsi donc, de la trentaine de donateurs qui se sont manifestés depuis ces intempéries du mois de juillet dernier, seulement soixante-cinq tonnes de vivres ont été fournies pour un besoin estimé à 350 tonnes. Encore que le CODESUR ne prend en compte que ceux qui sont relogés dans les centres communautaires et les écoles. Car il y a des sinistrés qui sont dans des villages que le comité dit  n’avoir pas pu toucher. Y compris d’autres encore, qui ont vu leurs maisons partiellement détruites et qui se considèrent comme des sinistrés même s’ils sont restés chez eux.  Une situation plus ou moins embarrassante pour le CODESUR qui se réunit une fois par semaine pour faire un état des lieux et en même temps envisager des solutions pour les problèmes à venir. Et à l’orée de la rentrée des classes, l’inquiétude va grandissante pour les membres du comité.

 Car il faudra bien libérer les salles de classe et permettre aux élèves d’effectuer leur rentrée en toute quiétude. La question qui taraude actuellement les esprits est : où reloger les sinistrés ? La seule alternative pour l’instant, nous dit le premier adjoint au maire, monsieur Berthé, est la construction des tentes. Pour ce faire, il lance un appel aux donateurs à ne pas baisser les bras et à se mobiliser davantage pour une amélioration des conditions de vie des sinistrés. 

 

Jonas Apollinaire Kaboré

L’Observateur Paalga du 30 août 2007



29/08/2007
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