L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Jouer… mais avec modération !

Jouer… mais avec modération !

 

La LONAB vient de fêter son quarantième (40°) anniversaire. Avec elle, au moins, l’objectif est clair : "plumer le joueur au profit du Trésor Public". La promotion du jeu de hasard et d’argent, c’est la promotion d’un impôt volontaire que semblent payer volontiers les joueurs, heureux de contribuer ainsi au budget de l’Etat… Félicitations donc à ces joueurs qui, faute de gagner, auront la consolation d’avoir participé aux dépenses publiques… et aux salaires des gérants de la LONAB.

On gagne en effet si peu et si peu souvent qu’il faut bien se consoler comme on peut. De 1990 à 2006, 63% seulement des mises (155 milliards quand même !) sont retournés aux parieurs… 37% sont donc partis ailleurs et sont définitivement perdus pour les joueurs et les parieurs, soit 91 milliards !

Depuis mon enfance, mon papa m’avait expliqué cela. Et ce qui m’a toujours empêcher de jouer (sauf aux kermesses paroissiales, bien sûr !), c’est ce 37% que je ne retrouverai jamais : je suis donc toujours perdant. Bon, si c’est pour le salaire d’un infirmier dévoué à ses malades ou celui d’un instituteur passionné par son enseignement, alors ça va ; il est possible de se consoler comme on peut de (presque) toujours perdre.

A propos, avez-vous remarqué que 155 milliards, c’est 10.000 écoles de 3 classes à 15 millions chacune. Preuve que le seul argent du jeu aurait pu prendre en charge en 15 ans à peu près tous les programmes de construction scolaire ! Nous ne sommes pas si pauvres que cela. Ou bien imaginez un instant que cet argent du jeu ait été transformé en épargne et en microcrédits… ou en dispensaires et en médicaments… ou en routes… ou en logements sociaux ! Essayez d’imaginer tout ce que l’on aurait pu faire avec 155 milliards.

Comme si cela n’était pas assez, nous avons tous vu fleurir ces dernières années dans tous les quartiers de la ville de Ouagadougou (et ailleurs ?) de multiples salons de jeux "privés". Je suppose que la visée de ces établissements (que se disputent sous d’autres cieux les réseaux mafieux) n’est pas d’abord le Trésor Public, malgré les impôts qu’ils sont supposés payer. Mais plutôt, libéralisme oblige, leur propre enrichissement, le profit tout simplement. Peut-on espérer un jour que ces sociétés afficheront leurs résultats, leurs bénéfices et leurs marges comme la LONAB aujourd’hui ? Rien ne les y oblige… et reconnaissons-leur qu’elles n’ont pas encore quarante ans.

Ici, l’âpreté au gain et la passion du profit des "maisons de jeux" répond à la passion du jeu et de l’attrait irrésistible de l’argent facile éprouvé par les joueurs (argent facile= argent que l’on n’a pas gagné par son travail et à la sueur de son front). Jusqu’où les "maîtres du jeu" iront-ils pour enfoncer leurs proies dans la dépendance au jeu ?

Parmi tous les joueurs en effet, il en est un grand nombre pour lesquels le jeu devient une passion, une dépendance, une vraie maladie. Comment reconnaître celui que la maladie du jeu a attrapé ? "Il joue jusqu’à ce qu’il ne lui reste plus un sou en poche ; il ressent l’envie incontrôlable de rejouer, qu’il ait perdu ou qu’il ait gagné auparavant ; il emprunte de l’argent pour jouer ; il néglige sa famille et la met dans une situation financière délicate sans s’en soucier ; son humeur générale se dégrade ; il devient stressé…" et ne pense plus qu’au jeu (tout en se le reprochant !)

Les machines à sous, les jeux à gratter et bien d’autres sont particulièrement étudiés pour asservir les joueurs les plus fragiles comme à une drogue, au tabac ou à l’alcool… C’est volontairement fait.

Et c’est pourquoi les grandes compagnies pourvoyeuses de jeux organisent des stages à l’intention de leurs revendeurs : "Ne jouez jamais, leur apprend-on, sinon, ce sera la ruine de votre commerce ; vous pouvez vous enrichir en vendant des jeux, jamais en jouant".

Attention donc à la place que prend le jeu de hasard et d’argent dans la vie quotidienne : le jeu, contrairement à ce que l’on pense, ne vend ni espoir, ni bonheur, mais illusion et ruine. Que Dieu nous en préserve. Si ce type de jeu est seulement un divertissement, à petites doses et exceptionnellement, il reste une "distraction" parmi d’autres, quoique l’Islam n’approuve pas les jeux d’argent et de hasard. Que le jeu ne devienne pour personne une dépendance et une ruine pour la famille.

Est-il si nécessaire de participer à l’enrichissement de certaines sociétés privées ? Ou d’être interné en hôpital psychiatrique comme ces deux joueurs sur internet ayant joué 22 jours de suite et qui sont devenus fous ?

 

Bonne nouvelle : Un citoyen de Koudougou a eu le courage de dénoncer les malversations qui se passent dans l’hôpital de Koudougou. Merci à lui : que son cri ne reste pas sans réponse et que les mis en cause puissent rendre compte de leurs actes quelles que soient leurs protections.

 

Information incomplète : Dans la presse, je viens de lire qu’habituellement la taxe sans reçu soutirée par les policiers en cas d’infraction, est habituellement de 1 000 F, celle des gendarmes de 2 000 F ; je peux ajouter qu’à Ouaga, pour un feu au début de l’orange, celle des policiers municipaux est de 5 000 F (expérience directe de mon confrère et de moi-même à quelques jours d’intervalle, fin septembre 2005. Je n’ose pas m’imaginer que c’est parce que nous sommes des Blancs !)

 

Père Jacques LACOUR

BP 332 Koudougou

jacqueslacourbf@yahoo.fr

Le pays du 27 novembre 2007



27/11/2007
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