L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Journée du 28 février : Après l’orage

Journée du 28 février

Après l’orage

Panneaux publicitaires endommagés, enseignes lumineuses brisées, feux tricolores détruits rendant forcément la circulation difficile, bitume dégradé par endroits sous l’effet des flammes voraces des pneus brûlés, biens privés saccagés, de nombreux interpellés parmi lesquels Nana Thibaut, considéré à tort ou à raison comme responsable de la situation pour avoir appelé à une Journée ville morte le jeudi 28 février 2008.

Tel est le constat ou le bilan partiel que l’on peut établir après l’orage dans la capitale burkinabè, où la vie quotidienne a repris de plus belle dès le lendemain. De nombreux Ouagavillois se sont réveillés avec beaucoup d’inquiétudes vendredi dernier après les manifestations violentes de la veille, qui resteront longtemps gravées dans les mémoires.

Les activités avaient repris timidement comme d’ordinaire pour atteindre très vite leur vitesse de croisière. Les lycées et collèges, les banques et établissements financiers, les alimentations et les grands magasins, qui avaient fermé par mesure de précaution, étaient en effervescence et certains sites, jugés sensibles, étaient sous surveillance policière ou militaire.

Dans la zone commerciale, les commerçants vaquaient à leurs occupations et le trafic avait retrouvé son rythme d’antan. Camionneurs, charretiers, cyclistes et motocyclistes manquaient permanemment d’entrer en collision entraînant parfois des injures en mooré, qui fusaient de part et d’autre. Les marchands ambulants, les cireurs, les dockers et les mendiants recommencaient à se côtoyer. Dans les quartiers périphériques où la bataille rangée entre les forces de l’ordre et les jeunes gens a été rude, la vie avait également repris son train-train.

C’était d’ailleurs une course contre la montre pour de nombreux Ouagavillois en vue certainement de rattraper beaucoup de choses manquées du fait des troubles, sous le regard des flics, des pandores et des militaires qui veillaient toujours au grain. Les éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) patrouillaient pour détecter tout mouvement suspect et y opposer la riposte appropriée. Ouagadougou a, dans tous les cas, retrouvé son visage des jours ordinaires.

Cependant, les populations, victimes des casses de la veille, continueront d’en souffrir pendant quelques jours. En effet, les feux tricoleurs détruits dans plusieurs carrefours rendent difficile la circulation. Prudence et vigilance accrues doivent être des mesures à observer pour atteindre sain et sauf sa destination. Le trafic serait encore plus infernal si la brigade verte, "les femmes de Simon" comme on les appelle, n’avait pas travaillé d’arrache-pied dans la nuit pour dégager les débris des pneus brûlés et autres objets dont les traces restent visibles sur les voies publiques qui ont servi de théâtre d’opérations.

Le fruit de 5 ans de labeur détruit

Les services étaient donc fonctionnels vendredi et les commentaires allaient bon train sur ce déchaînement de violences contre la vie chère, qui a fait d’énormes dégâts sur les biens publics. Les biens privés non plus n’ont pas été épargnés à l’image de la boutique de l’unité artisanale de Faso Dan Fani sise au quartier Saint-Léon de Ouagadougou. Marceline Sawadogo, sa première responsable, est toujours sous le choc : "Les manifestants ont cassé les vitres de notre boutique et l’enseigne lumineuse, d’une valeur de plus de 800 000 F CFA, qui est le fruit de 5 ans d’économie. Notre structure est connue sur les plans national et international et la plaque lumineuse était la référence pour indiquer notre position géographique aux clients. C’est désolant", déplore-t-elle.

Le moral au talon, Dame Sawadogo se demande pourquoi on s’en prend aux activités de pauvres femmes qui se débrouillent dans l’artisanat. "Mes collègues sont traumatisées d’autant plus qu’elles ont vécu en direct, cachées, les casses et beaucoup ne sont pas venues au boulot aujourd’hui (NDLR : l’entretien a eu lieu le vendredi 29 février). Les mots me manquent pour qualifier ces actes".

Comme elle, de nombreuses personnes pleurent toujours la destruction de leur boutique, de vente de portables ou de jeans. Qu’en serait-il si par mesure de précaution, des commerces n’étaient pas restés fermés ce jeudi noir à Ouaga ? Ainsi vont les manifestations du genre, dont des vandales et autres petits délinquants profitent pour piller et voler d’honnêtes citoyens.

Adama Ouédraogo Damiss

L’Observateur Paalga du 3 mars 2008



03/03/2008
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