L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Journée du tirailleur sénégalais : Trophées de guerre au Musée des armées

Journée du tirailleur sénégalais

Trophées de guerre au Musée des armées

 

A l'occasion de la Journée du Tirailleur sénégalais, le général Marc Tiémoko Garango a procédé le mercredi 22 août 2007 dans la soirée à l’ouverture officielle d’une exposition d’objets divers du Musée des armées. Cette manifestation, première du genre, est ouverte au public du 22 au 26 août 2007.

 

Le Centre culturel des armées (CCA), situé en face de l’ex-Economat de l’armée, de nos jours devenu un pôle attractif des turfistes de la Loterie nationale du Burkina (Lonab), est une structure créée le 4 juin 1999 et placée sous l'autorité du ministère de la Défense. Il comprend un musée des armées, une bibliothèque et un centre de loisirs. Le CCA a pour objet la valorisation et la conservation du patrimoine des forces armées nationales, il est chargé d'organiser toute activité susceptible de promouvoir l'image de la culture du Burkina Faso à travers des actions de diffusion d'informations et de promotion du patrimoine culturel de l'Armée. En plus des structures déjà citées, il existe un Conseil scientifique, que constituent le musée de Manéga, le Musée national, l'université de Ouagadougou et le ministère de la Culture, des Arts, du Tourisme et de la Communication, etc. Ce Conseil scientifique, composé de personnalités militaires et civiles, est chargé d'aider à la définition des domaines de la recherche, des formes des documents et des objets à collecter.

Le Burkina Faso, à travers la création de cette structure, tente de se mettre au même niveau que les armées sœurs de la sous-région. L’espace, qui a fait l’objet d’attraction hier dans la soirée, le Musée des armées, est une maison de souvenir et de conservation du patrimoine culturel et militaire de notre pays. Le parrain, Marc Tiémoko Garango, a procédé hier dans la soirée à l’ouverture de ce site au public, tout en invitant celui-ci à ne pas se laisser conter.

Du 22 au 26 août 2007, à l'occasion de la Journée du tirailleur sénégalais, le public pourra découvrir un pan de l'histoire très importante de notre armée depuis l’ère coloniale jusqu’à nos jours : armoiries du Burkina Faso, tenues traditionnelles de guerre, divers accoutrements de tirailleurs sénégalais ainsi que des armes et des instruments servant à leur alimentation, des images d’indigènes ou des tirailleurs avec des commentaires à l’appui. Outre cela, le musée s’est enrichi de tenues d’officiers, de nombreuses distinctions et de cartes militaires dans les armées française et burkinabè du feu président Lamizana Sangoulé, père fondateur de notre armée. Un mannequin taillé à son effigie porte également une tenue du général défunt tandis qu’à ses côtés se trouve un autre de son tombeur, le colonel Saye Zerbo (tenant son bâton de commandement). La richesse de l’espace ne s’arrête pas là puisqu’il contient des images et CV (curriculum vitae) de tous les anciens présidents et des anciens ministres de la défense de notre pays. A cela, s’ajoutent des tenues militaires de l’époque de la Haute-Volta et celles confectionnées en Faso Danfani sous la RDP (Révolution démocratique et populaire). Les armes utilisées (mitraillettes et gros canons) par notre pays et déclassées aujourd’hui y figurent. Selon le directeur, le colonel Oscar K. Zongo, le musée est une voie idéale pour restaurer le passé de l'armée et valoriser la mémoire de l'ancien combattant.

Après un an de collecte des objets pour le musée, il reconnaît, en toute franchise, la résistance de nombreux vétérans de se séparer de leurs précieux trophées de guerre. Pour disposer des tenues de tirailleur présentement exposées, il a confié avoir fait appel à son collègue du Sénégal. Pourtant, plaide-t-il, une photo ou un objet accroché dans un musée attire plus de monde que lorsqu'il se trouve dans un cadre privé.

Pour inciter les anciens combattants à accompagner le CCA dans son travail, la famille du père de l'armée burkinabè a cédé sa tenue de la guerre d'Indochine. Autre angoisse du CCA, c’est l’insuffisance de ressources pour la collecte et surtout la conservation de ces objets de valeur. La preuve, bon nombre de pièces ont dû  être exposées à des endroits peu commodes à l’image des fenêtres.

En attendant que des volontaires pour un retour de leur patrimoine au musée répondent à l’appel de la structure du colonel Zongo, ce dernier reste convaincu que c'est l'endroit idéal pour protéger nos richesses culturelles.

 

Cyr Payim Ouédraogo

Emile Gandéma (stagiaire)

L’Observateur Paalga du 23 août 2007

 

Encadré 1

Le général Marc Garango sonne le rassemblement

 

A l’issue de l’ouverture officielle des portes du Musée des armées au public, le parrain, le général Marc Tiémoko Garango, n’a pas hésité un seul instant à appeler tous ses frères d’armes d’hier et d’aujourd’hui à apporter leur contribution pour que le musée ait un échantillonnage plus important et complet.

 

Que ressentez-vous après la visite du musée ?

 

• C’est une joie pour moi de constater des traces de ceux qui ont animé la vie ce pays et d’autres. J’ai remarqué que d’énormes efforts ont été accomplis pour la mise en place de cet espace. Le musée se construit progressivement avec des actions continues, beaucoup d’imagination, de recherche et avec un minimum de moyens. 

Il reste beaucoup donc à faire et je souhaite que tous les membres de l’Association unique des anciens combattants, anciens militaires… s’y mettent pour constituer un échantillonnage important.

Mon vœu est que ce musée soit consistant ; un musée qui puisse refléter et garder le souvenir de l’armée ancienne et celle actuelle.

 

Que pensez-vous des objets déjà collectés ?

 

• C’est déjà un bon départ. Malheureusement, on n’a pas encore tout réuni. Donc, des efforts doivent être  davantage faits  pour assurer un échantillonnage complet du musée.

 

Général, le père de l’armée burkinabè, feu Lamizana Sangoulé, a déjà des objets dans le musée, peut-on s’attendre à ce que vous suiviez ses pas ?

 

• Je verrai bien. En fonction de ce qui me reste, j’apporterai aussi ma contribution à l’enrichissement de cet espace important de notre patrimoine. Quant aux anciens combattants présentement en assemblée générale, ils pourront également apporter leur pierre à l’édification véritable et complète de cette maison de souvenir qui représente un trésor pour eux et pour toute la Nation.

 

 

Encadré 2

Propos d’un réalisateur de cinéma et fils d’ancien combattant

 

Daniel Kollo Sanou, réalisateur de «Tasuma» (le feu) : «C’est une réelle fierté de découvrir ce musée de l’Armée. C’est en préparant la Semaine du cinéma contre l’oubli que nous avons eu le privilège de voir ce cadre. 

On s’est donc rendu compte que ce musée doit être ouvert au public comme partout ailleurs à l’image des pays européens, des Etats-Unis, etc. Depuis la mise en place de cet espace culturel, la population n’avait pas encore eu l’opportunité de connaître son existence.

Notre démarche donc vise à montrer que les cinéastes ne sont pas seulement des amuseurs de public, nous produisons des œuvres qui doivent servir aussi pour notre propre patrimoine culturel, pour l’histoire ».



23/08/2007
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