L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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"La IVe République est à son terme ; il faut passer à la Ve République"

MPS/PF

"La IVe République est à son terme ; il faut passer à la Ve République"

 

Le Mouvement du peuple pour le socialisme/Parti fédéral (MPS/Parti fédéral), à l'occasion du 5e anniversaire de sa création, nous a fait parvenir la déclaration ci-après. Il y fait non seulement le bilan de son parcours politique, mais également le procès du pouvoir de la IVe République.

 

Peuple du Burkina Faso ;

militantes et militants du Mouvement du peuple pour le socialisme/Parti fédéral ; sympathisants et électeurs du MPS/Parti fédéral ;

aujourd'hui 21 septembre 2007 nous célébrons le 5e anniversaire de la création du Mouvement du peuple pour le socialisme/Parti fédéral (MPS/Parti fédéral). Cinq ans dans la vie d'un parti et d'une nation, c'est peu pour une évaluation politique, sociale et économique. Mais pour un parti comme le nôtre, parti d'opposition socialiste, né dans des conditions d'adversité, parti qui se propose d'être l'avant-garde de la lutte quotidienne et difficile du peuple burkinabè pour son émancipation politique, sociale et économique, chaque anniversaire est l'occasion de mesurer le chemin parcouru à la lumière des engagements pris, d'analyser l'évolution de la vie de la «nation» afin d'en définir les tendances évolutives et se fixer les tâches nouvelles de lutte qui s'imposent au parti.

 

Militantes et militants du MPS/Parti fédéral ;

sympatisants du parti ;

Ce Ve anniversaire intervient au lendemain des élections législatives du 06 mai 2007,  auxquelles notre parti a participé. C'est l'occasion pour la direction du parti de saluer votre courage, votre engagement au cours de cette première participation du parti à des élections  législatives. En dépit des manœuvres de tous ordres pour empêcher notre parti d'accéder à l'Assemblée nationale, vous avez montré la forte implantation du parti sur le territoire national, l'ampleur de son influence au sein du peuple et la concordance de ses mots d'ordre avec les aspirations des masses populaires. Et ce ne sont pas les résultats truqués, fabriqués comme ceux des élections présidentielles qui peuvent enlever à notre action politique ses acquis majeurs. Le pouvoir de la IVe République en complicité avec certaines forces politiques de l'opposition et de la société civile cherche coûte que coûte à éliminer notre parti de l'échiquier politique national.

C'est conscient de cela que nous avons dit au dernier congrès du parti «qu'être de l'opposition au Burkina Faso, c'est dur». Nous ajoutons aujourd'hui qu'être d'un parti

d'opposition comme le nôtre, c'est encore plus dur. La conviction que vous avez, l'adhésion de plus en plus grandissante des intellectuels et de notre peuple à notre option et à nos mots d'ordre doivent être le fil conducteur de notre combat politique.

 

"Les chiens vont aboyer, mais notre caravane doit passer"

 

Il nous faut persévérer dans notre lutte parce que nous sommes dans la bonne voie, dans la bonne direction pour imposer et réaliser dans notre pays des changements qualitatifs en faveur de l'amélioration des conditions de vie du peuple burkinabé. «Les chiens vont aboyer, mais notre caravane doit passer».

 

Peuple du Burkina Faso ;

travailleurs des villes et des campagnes;

Le 5e anniversaire de la création de notre parti intervient à un moment où vous subissez de plein fouet les conséquences de la politique antisociale du pouvoir de la IVe République dont un des traits majeurs est la flambée des prix des produits de première nécessité (riz, pain, viande, huile, savon, sucre, essence, pétrole).

Nous saisissons l'occasion pour vous affirmer notre solidarité dans les luttes multiformes actuelles et à venir contre cette politique d'aggravation continue de vos conditions de vie et de travail.

 Notre parti est un parti des masses, un parti des travailleurs. C'est pourquoi à l'élection présidentielle de 2005 il a porté le drapeau de votre lutte sur la base d'un programme de gouvernement qui concentre vos aspirations profondes, notamment :

- la gratuité de l'école jusqu'à 16 ans (y compris le préscolaire) ;

- les bourses obligatoires pour tout enfant de paysan et d'ouvrier ;

-  la gratuité des soins d'urgence sur l'ensemble du territoire ;

- la gratuité des soins de santé dans les écoles, collèges, lycées et universités ;

- la gratuité des soins pour les retraités et personnes âgées dans les services de santé de l'Etat ;

- la gratuité des antirétroviraux pour tous les malades ;

- la baisse et le contrôle des prix de tous les produits de première nécessité ;

- l'augmentation des salaires de 20% pour les indexer au coût de la vie.

Le MPS/Parti fédéral poursuivra sa lutte sur la base de ce programme social. Il appuiera toute lutte revendicative contre «la vie chère», car il est convaincu que la lutte pour le pain,  le «gonré» et la liberté va de pair avec la lutte politique émancipatrice.

 

Peuple du Burkina Faso ;

forces démocratiques du Burkina Faso ;

nous plaçons la célébration de notre 5e anniversaire sous le thème «La nécessaire réorientation du processus démocratique au Burkina Faso».

A la création du Parti, nous nous sommes fixé comme objectif immédiat : la lutte pour la démocratie. Nous affirmions à l'époque (2002) que «depuis 1990, notre pays est engagé dans un processus démocratique qui reste jusqu'à nos jours inachevé. Le Burkina Faso est en ce moment dans une transition démocratique. Il n'est à l'esprit d'aucun citoyen honnête, d'aucun démocrate sincère que la démocratie, la vraie, existe dans notre pays. Le MPS/Parti fédéral n'est pas un parti nihiliste pour ne pas reconnaître les avancées démocratiques que connaît notre pays. Cependant, la persistance des violations des droits de l'homme, d'une justice aux ordres de l'exécutif, d'une presse noyautée, des manipulations électorales, la lotion de partis politiques fantoches en vue de faire dégoûter le multipartisme par les masses, attestent l'affirmation que la lutte pour la démocratie et pour un véritable Etat de droit demeure».

C'est forts de cette analyse que nous avons décidé de participer à toutes les compétitions électorales comprises comme espaces de liberté pour diffuser nos idées, pour faire avancer le processus démocratique, pour accélérer la fin de l'étape de transition démocratique.

 

Le "recul démocratique" se confirme

 

Lorsqu'en 2005 nous avons intitulé notre conférence de presse d'appréciation de l'élection présidentielle : «Elections présidentielles au Burkina Faso : le retour à la case départ», ils sont nombreux ceux-là (de l'opposition comme du pouvoir) qui ont crié au scandale.

Aujourd'hui, après les élections présidentielle de 2005, communales de 2006 et législatives de 2007, les faits sont si clairs, si limpides que même les «sans parti» rejoignent notre  analyse de la situation actuelle de notre processus démocratique :

- élection présidentielle : CDP et satellites, 80,3% des voix ;

- élections municipales : CDP et satellites, 98% des maires ;

- élections législatives : CDP et satellites, 90% des députés ;

(12 députés d'opposition sur 111 députés, dont 2 seulement avec un quotient électoral). Si l'on ajoute à ces résultats «à la soviétique», dignes des démocraties africaines des années  60 et 70 ;

- les tentatives actuelles d'engager un débat sur la «relecture» de l'article 37 de la constitution ;

- la révision unilatérale par le CDP du Code électoral consensuel en 2004 ;

- le blocage malicieux par le pouvoir de la mise en œuvre de la loi sur le statut de l'opposition ;

- l'élimination malicieuse des partis de l'opposition du financement public des partis (aucun parti d'opposition n'ayant obtenu 5% des suffrages aux dernières élections législatives) ;

- l'offensive actuelle contre les libertés syndicales (cas du syndicat des agents du ministère des Affaires étrangères et du syndicat des agents du Trésor) ;

- le classement des dossiers pendants (dossier Norbert Zongo) ;

- la «repolitisation» de l'administration par la ré-introduction des structures politiques CDP dans les services publics privés et par les nominations à la «carte» ;

- la «repolitisation» de l'armée matérialisée par la participation active, visible des officiers supérieurs et de haut rang dans les campagnes présidentielles et législatives. Le tableau du «recul démocratique» et du «retour à la case départ» est complet.

 

Peuple du Burkina Faso ;

après la «parenthèse Norbert Zongo» (pour reprendre l'expression de l'éminent juriste Loada), nous sommes donc revenus à la case départ.

 

Célébration des 20 ans de pouvoir de Blaise Compaoré, "un viol" grave de notre Constitution

 

Le retour à la case départ est si fort que le CDP et ses satellites divers veulent célébrer en grande pompe le «20e anniversaire de l'accession au pouvoir par coup d'Etat du chef de l'Etat élu sur la base d'une Constitution qui condamne les coups d'Etats, le pouvoir personnel et limite le mandat présidentiel à 10 ans». Alors, on peut se poser la question : pourquoi n'ont-ils pas d'abord célébrer le 24e anniversaire de la descente du commando Blaise Compaoré de Pô sur Ouagadougou le 4 août 1983 pour proclamer la Révolution démocratique et populaire avec le président Thomas Sankara ?

Notre parti considère cette célébration comme un viol grave de l'esprit de notre Constitution, de l'esprit de la journée de pardon (instituée par le pouvoir lui-même) et de la loi qui ôte le 15 octobre 1987 des fêtes légales (votée par les députés CDP). C'est pourquoi à l'occasion de ce 5e anniversaire qui intervient à 3 semaines du 15 octobre 2007 notre parti interpelle :

1- le chef de l'Etat garant de la Constitution tant dans son esprit que dans sa lettre et garant de la paix sociale pour faire annuler cette célébration ;

 2- les personnalités du «Collège de sages» et de «la Journée nationale  de pardon» pour qu'elles s'interrogent sur ce qui reste du contenu de leur action et de leur travail.

 

Peuple du Burkina Faso ;

notre processus démocratique est en panne. La conception étriquée des tenants du pouvoir qui résume la démocratie à l'organisation régulière, cyclique d'élections truquées, l'existence d'institution sans légitimité populaire, ne doivent pas nous faire perdre de vue cette réalité. Notre parti engage à l'occasion de ce 5e anniversaire sa réflexion à travers une Conférence des cadres sur «la nécessaire réorientation du processus démocratique».

Les résultats de cette réflexion seront portés à la connaissance du peuple burkinabè dans les jours à venir.

D'ores et déjà, nous sommes convaincus qu'il faut mettre fin à l'étape actuelle de transition démocratique marquée par des "va-et-vient démocratiques" (révisions incessantes de la Constitution, du Code électoral, violations répétées et impunies des lois, etc.)  et passer à la deuxième étape de notre processus démocratique : l'étape de la démocratie multipartiste vraie, étape de l'Etat de droit réel.

"La IVe République est à son terme, il faut passer à la Ve République".

 

Peuple du Burkina Faso ;

militantes, militants du MPS/Parti fédéral ;

électeurs du MPS/Parti fédéral ;

célébrons ensemble, dans la joie et la réflexion, le 5e anniversaire de la création de notre arme de combat.

 

Bon anniversaire à tous.

 

Démocratie - Travail - Justice sociale.

 

Pour le Bureau politique national

Le président

 

Docteur Emile Pargui Paré

L’Observateur Paalga du 21 septembre 2007



21/09/2007
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