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Le bout du long tunnel judiciaire ? (Non-lieu pour Moussa Kaka)

Non-lieu pour Moussa Kaka

Le bout du long tunnel judiciaire ?

Le juge en charge du dossier Moussa Kaka a signé une ordonnance de non-lieu en faveur du correspondant de RFI au Niger. C’est ce qu’ont annoncé, mercredi, les cinq stations de la radio Saraounia, que dirigeait notre confrère jusqu’à son arrestation, le 20 septembre dernier. Ecroué depuis dix mois pour des liens présumés avec les rebelles touaregs, Moussa Kaka est donc en passe de retrouver la liberté, sauf si, une fois encore, le ministère public décide de faire appel de la décision du juge.

On se souvient, en effet, que un mois plus tôt, plus précisément le 23 juin, le magistrat instructeur avait décrété une mise en liberté provisoire du journaliste. Une décision contre laquelle le procureur de la République avait interjeté appel, repoussant toute idée d’élargissement, même temporaire du prévenu, qui avait dû aussitôt rejoindre ses pénates de la prison civile de Niamey.

Dernier rebondissement dans l’affaire et nouvel espoir de liberté pour notre confrère nigérien, contre qui les autorités et la justice de son pays semblent décidément s’acharner. Incarcéré depuis près d’un an sans jugement, Moussa Kaka et ses avocats, soutenus par toute la confrérie, ont toujours affirmé haut et fort que le dossier était vide. Il faut dire qu’à l’appui de l’accusation de « complicité d’atteinte à l’autorité de l’Etat », il y a des écoutes téléphoniques, qui, selon les autorités nigériennes, établiraient une certaine « connivence » entre le journaliste et le chef des rebelles touaregs.

Ces écoutes, illégales, réalisées dans des conditions obscures, ne prouvaient rien, sinon que le correspondant de RFI, qui agissait dans l’exercice de son métier, était, à l’époque des faits, sous étroite surveillance. C’est le constat qui avait justifié, en mai dernier, le pourvoi des avocats de Moussa Kaka devant la cour de cassation du Niger, demandant l’invalidation de ces éléments de preuve, recueillis par des moyens pas du tout orthodoxes. Peine perdue, la haute juridiction ayant décidé, contre toute attende, de rejeter le pourvoi et de réintégrer les écoutes téléphoniques en bonne place dans le dossier.

Alors quoi de plus normal qu’après tant de péripéties judiciaires, le célèbre pensionnaire de la prison civile de Niamey, qui clame depuis 10 mois son innocence, se considère comme un prisonnier politique ? Lui qui, durant ces 10 derniers mois, a bénéficié, entre autres, du soutien de « la radio mondiale » et des associations de défense des droits des journalistes, et attendait toujours la date d’un hypothétique procès.

La nouvelle d’un non-lieu ne peut que réjouir tous ceux et celles qui, depuis septembre 2007, réclament la libération d’un journaliste poursuivi et écroué pour avoir fait son métier. Croisons les doigts, en espérant que, cette fois- ci, le procureur de la République ne fera pas obstacle à la décision du juge d’instruction. Moussa Kaka se retrouvera alors au bout d’un long tunnel judiciaire qui, rappelons-le, aurait pu lui valoir, dans le pire des cas, la prison à vie.

H. Marie Ouédraogo

L’Observateur Paalga du 25 juillet 2008



25/07/2008
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