L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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"Le mal de la police est dans la police" (Lettre ouverte au Premier ministre)

Lettre ouverte au Premier ministre

"Le mal de la police est dans la police"

 

Le décret portant organisation des emplois spécifiques de la police nationale continue d'entretenir le débat. Sur la question, un groupe de policiers, dans la lettre ouverte ci-dessous adressée au Premier ministre, affirme que "le mal de la police est dans la police".

 

Avant tout propos, permettez-nous, Excellence, de saluer les efforts combien considérables de Son Excellence Monsieur le président du Faso pour la consolidation d'un Etat de droit au Burkina Faso.

Nous saluons également votre esprit de rupture avec les mauvaises habitudes. Puisse Dieu vous accorder la force et le courage de parvenir à bout et de sauver la police nationale.

Excellence Monsieur le Premier ministre, en tant que dépositaire constitutionnel du pouvoir réglementaire, nous avons l'honneur de solliciter votre intervention pour l'application d'un décret qui souffre entre deux ministères, à savoir la Fonction publique et la Sécurité.

Excellence, il s'agit du décret n°2006-376/PRES/PM/MFPRE/SECU/MFB portant organisation des emplois spécifiques de la police nationale.

En effet, ce décret dans son article 25 est assez clair : "L'emploi d'agent de police est mis en voie d'extinction..."

En revanche, l'article 29 du même décret poursuit : "Au titre exceptionnel et dans un délai de cinq (05) ans à compter de la date d'entrée en vigueur du présent décret, il sera ouvert par arrêté du ministre chargé de la Fonction publique des examens ou concours professionnels à l'intention des agents de police catégorie D échelle 1 justifiant de trois (03) ans dans l'administration.

Les candidats déclarés admis seront reclassés dans l'emploi d'assistant de police pour compter du lendemain de la délibération". Cette disposition est si explicite à notre avis pour être diversement interprétée.

Cependant, Excellence, il se trouve au sein de la police une certaine hiérarchie en complicité avec la Fonction publique prête à fouler aux pieds le principe le plus cher à l'Administration qui est celui de légalité.

Nous en avons pour preuves les admis de la session de 2007 injustement qualifiés par la Fonction publique d'élèves assistants au lieu d'assistants.

Ainsi, la dernière sortie médiatique dans la presse du secrétaire général du ministère de la Sécurité n'augure pas une issue heureuse au problème. Ce dernier affirme qu'ils sont toujours en discussion avec la Fonction publique. Nous pensons que ce travail de discussion devrait se faire avec le ministère de l'Economie et des Finances en conformité avec les prévisions budgétaires et ce avant même le lancement du concours. il est impensable à notre point de vue qu'une décision émanant de la plus haute instance de l'ordre administratif qu'est le Conseil des ministres présidé par le chef de l'Etat puisse encore souffrir sur une table de discussion entre deux ministères.

 

Le ministère de la Fonction publique est complice

 

Excellence, c'est avec regret que nous vous informons que le mal de la police se trouve dans la police. Sinon comment justifie-t-on cet exemple de la prime alimentaire servie aux fonctionnaires de police qui tarde à apparaître sur les bulletins de paie des agents pendant que la même prime dont ont bénéficié les agents de la garde de sécurité pénitentiaire une année après la police est perceptible sur leurs bulletins ? Ce que nous ne comprenons surtout pas, c'est l'inaction sinon la complicité du ministère de la Fonction publique face à toutes ces violations flagrantes des droits de nous pauvres policiers. Pour justifier cela, nous vous donnons cet exemple de l'établissement des listes des candidats aux différents concours professionnels de la police. En effet, lesdites listes sont préfabriquées par la Direction générale de la police nationale au mépris des textes en la matière pour être imposées pour signature à la Fonction publique. Conséquence, beaucoup de candidats pour avoir écopé de la plus petite sanction disciplinaire qu'est l'avertissement sont écartés des listes.

Excellence, loin de vouloir faire un procès de la police, nous osons espérer de vous un réconfort moral pour tous ces braves policiers qui risquent quotidiennement leur vie mais qui sont meurtris dans leur cœur et dans leur chair. Nous sollicitons, enfin, votre soutien personnel à notre nouveau ministre qui, sans cela, fera des efforts vains.

Nous avons foi en la République et en ses premiers responsables.

Nous remercions le ministre Bassolet pour tous les acquis engrangés par la police en si peu de temps parmi lesquels le décret ci-dessus cité. Nous ne saurons terminer sans vous réitérer, Excellence, par voie de presse mais seul gage, pour vous porter haut nos préoccupations qui meurent dans le secret.

 

Par un groupe de policiers

L'Observateur Paalga du 24 octobre 2007



24/10/2007
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