L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Le monument de la femme brûlé à Banfora deux semaines avant le 8-Mars

Deux semaines avant le 8-Mars 

Le monument de la femme brûlé à Banfora

 

La ville de Banfora a retrouvé son calme après les échauffourées du 21 février 2008, entre forces de sécurité et manifestants qui protestaient contre la vie chère. Au lendemain du cette journée, après la furie des émeutiers, c’est le calme qui prévaut. Cependant, ce sont les femmes de la citée du paysan noir qui n’ont que leurs yeux pour pleurer la place qui leur avait été dédiée. Elle a, en effet, été saccagée et le monument les symbolisant dans leur lutte émancipatrice a été brûlé. A quelque deux semaines de la célébration du 8-Mars, journée internationale de la femme

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la gent féminine de la citée du paysan noir, qui supporte déjà les difficiles conséquences de la vie chère, devra aussi supporter les douleurs liées aux troubles sociaux que cela a engendré. Les femmes, en effet, n’oublieront pas de si tôt cette date du 21 février 2008. A quelques jours du 8 mars prochain, leur place a été saccagée. Le monument symbolisant la femme avec un enfant au dos, une daba et un livre en main, a été simplement brûlé par les manifestants. Cette place, qui reste un honneur rendu aux femmes, aménagée grâce aux bonnes volontés l’année passée, était l’acquis  majeur pour les femmes.

Du reste, sa destruction révèle en quelque sorte la détermination des manifestants à exprimer leur ras-le-bol, malgré les forces de sécurité, visiblement débordées.

Cette destruction reste le dégât majeur de ces contestations contre la vie chère. Par ailleurs, un kiosque PMU-B a été incendié au niveau de la station SKI, de même que des plaques ont été arrachées. Les rues de Banfora ont surtout été transformées en des foyers incandescents, où se dégageaient d’énormes fumées noirâtres, conséquences des pneus enflammés.

Visiblement débordées, les forces de l’ordre ont pu néanmoins sauver tous les points stratégiques qui étaient la cible des vandales : La zone administrative, les services tels que le trésor public, les impôts, la SONABEL, les Banques, la SOFITEX et même un hôtel qui était ciblé.

Dans la cité du paysan noir, considérée à tort ou à raison comme le champ d'investissement du premier ministre, Tertius Zongo, car gérée par son frère, l’hôtel NEBIL, devenu récemment l’hôtel Jackson, a pu être épargné grâce à un détachement de la sécurité.

Banfora ressemblait à une ville morte ce 21 février où il était difficile par exemple de se procurer des cartes de recharge et bien d’autres choses. L’activité économique a repris timidement le lendemain avec toutefois une méfiance des commerçants. Certains ont beaucoup hésité avant d'ouvrir leurs boutiques. D’autres commerçants ont préféré ne pas pointer le nez dehors et beaucoup de magasins sont restés fermés. L’administration par contre a fonctionné ce jour et les forces de sécurité sont restées discrètes.

Au finish, il y a eu plus de peur que de mal car aucun trouble n’a été enregistré. Cela peut être dû à la prudence observée par l’administration qui a pris les devants en fermant les établissements scolaires jusqu'à nouvel ordre. Ce qui a rassuré plus d’un et a permis une reprise effective des activités le 23 février.

Ce qu’il faut surtout déplorer, ce sont ces pneus allumés sur les routes goudronnées de la ville. Déjà qu’elles sont dans un piteux état, faute de caniveaux, ces flammes viendront les dégrader davantage.

 

Luc Ouattara

L’Observateur Paalga du 25 février 2008



25/02/2008
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