L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Les dévoyeurs des marchés publics seront désormais sanctionnés

Point de presse du gouvernement

Les dévoyeurs des marchés publics seront désormais sanctionnés

Vendredi 18 mai 2007, le gouvernement burkinabè a animé son troisième point de presse de l’année autour des points relatifs à la création d’une autorité de régularisation des marchés publics au Burkina Faso, au développement des universités du Burkina-Faso, à la situation des opérations d’équipements agricoles menées par l’Etat et à la mise en œuvre du projet TEAM 9.

A l’animation de cet “élan de rencontre de l’opinion publique pour l’édifier sur les décisions les plus importantes du gouvernement” (dixit Adama Fofana, porte-parole) les ministres Jean-Baptiste Compaoré en charge des Finances, Joseph Paré des Enseignements et Bonoudaba Dabiré, chargé de l’Agriculture. Comme indiqué plus haut, des points relatifs à la gouvernance économique, à la valorisation du capital humain et à la promotion du monde rural ont été débattus. Sur le premier chapitre, le ministre Compaoré a indiqué que la création d’une autorité de régulation des marchés publics obéit à la volonté du gouvernement de promouvoir la bonne gouvernance économique et financière dont “les ramifications touchent à la gouvernance démocratique”. Loin d’être du “saupoudrage” institutionnel, cette initiative va donner “une meilleure impulsion au système des marchés publics pour mieux rassurer les partenaires économiques et financiers”. Le gouvernement veut donc “aller plus loin”, car, si la réglementation des marchés publics a été renouvelée à plusieurs reprises, des esprits malins sont prompts à “dévoyer” le système. Du fait qu’il réunira en son sein la société civile, les organismes professionnels et l’Etat, le nouvel organe sera “au-dessus de la mêlée”. Il pourra proposer des sanctions, enquêter sur des cas troubles, s’auto-saisir de certains dossiers etc. En amont et en aval des marchés publics, cet organe va permettre en définitive une politique des marchés “plus cohérente et plus conséquente”. “Le gouvernement travaille ainsi sur le fond de la bonne gouvernance”, mais il a aussi pour souci, la valorisation du capital humain, ainsi que le deuxième point inscrit à ce point de presse le laisse voir. Le développement des universités du Burkina dont il s’agit, va permettre d’absorber le flux massif d’étudiants résultants du développement du système éducatif. Un deuxième campus dit “Université Ouaga II” va ouvrir ses portes dès la rentrée prochaine sur un espace de près de 75 hectares. Cet accroissement de l’offre éducative, s’accompagne aussi d’une amélioration des conditions de vie des étudiants avec le réaménagement des bourses, de l’aide et des prêts octroyés aux étudiants burkinabè au Burkina, en Afrique noire et au Maghreb (voir tableau).

“Tout le monde paiera”

Un volontarisme loin d’être désordonné et aveugle, si tant est qu’il s’inscrit dans l’optique du développement du Burkina, la décentralisation de l’université accompagnant celle du pays. Un choix de développement qui va coûter des dizaines de milliards de nos francs, avec l’important volet social (hébergement, restauration, santé, loisirs...) qui l’accompagne. Et le ministre Paré de préciser que ces mesures n’ont aucun lien avec les dernière revendications estudiantines, le gouvernement ne travaillant pas sous la pression des contingences, mais bien dans le cadre d’un programme qui imprime à son action une vision prospective. Une assertion vérifiée avec les points trois et quatre de ce point de presse, axés sur la promotion du monde rural. C’est ainsi que la mise en œuvre du projet TEAM 9 va permettre la mécanisation de l’activité agricole et conséquemment une productivité plus grande du secteur. Financé par l’Inde à hauteur de 15 milliards de F CFA remboursables en vingt ans à un taux concessionnel, TEAM 9 permettra de mettre à la disposition des paysans du matériel hydromécanique, agricole, de terrassement ainsi que du matériel de forage. Et, pour qu’il atteigne ses objectifs, une bonne définition de sa stratégie d’intervention ainsi qu’une bonne identification des bénéficiaires seront faites. Aussi, la garantie d’un réel impact du projet sur les objectifs de développement et l’obligation d’un règlement au comptant, ou par crédit bancaire par les acquéreurs sont des soucis des promoteurs. Cette dernière disposition vise à éviter les déboires survenus lors d’une opération antérieure de fournitures de matériels agricoles (tracteurs notamment) à l’issue de laquelle, une somme de deux milliards et demi se “ ballade dans la nature”. Une situation qui ne saurait perdurer à en croire le ministre Dabiré, car, “la suite point de presse volonté du gouvernement de récupérer l’argent des tracteurs existe bel et bien”. A ce sujet, pour tous les bénéficiaires émargeant au budget de l’Etat, un prélèvement à la source sera opéré sur leur émoluments jusqu’à concurrence des sommes dues. Pour les autres catégories de bénéficiaires, leurs dossiers seront confiés à la Direction des affaires contentieuses et du recouvrement de l’Etat pour les suites administratives et judiciaires appropriées. “Tout le monde va payer” a martelé Bounoudaba Dabiré qui a tenu à rappeler toutefois que cette opération de recouvrement ne vise pas à “appauvrir” les débiteurs. Il sera donc tenu compte de leur quotité cessible et des charges qu’ils supportent déjà. Le fil conducteur de ce point de presse traduit bien le souci permanent du gouvernement qui est la promotion de la bonne gouvernance économique pour la satisfaction des besoins des populations

L’or blanc en question

Actualité oblige, le coton burkinabè qui fait des gorges chaudes avec la baisse des prix du kilogramme qui passe de 165 FCFA à 145 FCFA pour le premier choix et la hausse concomitante du prix des intrants s’est invitée à ce troisième point de presse du gouvernement. Aux journalistes qui voulaient savoir si la politique cotonnière actuelle n’était pas une perpétuation du pacte colonial qui paupérise les masses paysannes, le ministre Dabiré a répondu que nonosbstant ces difficultés conjoncturelles(?) le Burkina-Faso ne pouvait remiser au placard sa “vocation” cotonnière.

Car, sur un plan macroéconomique, le coton est l’un des produits de rente qui procure de ressources au pays, aux producteurs et donne du travail à 2 500 000 Burkinabè. L’or blanc l’est vraiment, le plus préoccupant étant qu’il est insuffisamment traité sur place d’une part et qu’il

subit les effets conjugués des subventions des pays occidentaux à leurs cotonculteurs et la parité euro-dollar qui est au désavantage de la seconde monnaie, du fait que le prix du coton soit fixé en dollar, il y a une chute des revenus engrangés par sa vente, au point que celle-ci ne permet pas de rembourser les prêts bancaires. C’est vrai que les revenus des cotonculteurs burkinabè va baisser énormément par le biais de l’effet de ciseau (baisse du prix du coton, hausse de celui des intrants) mais, avec le développement progressif des filières de transformation et l’introduction progressive du coton biotechnologique, ces difficultés sont appelées à être surmontées. Certes, mais ce marasme du secteur doit inciter le gouvernement à poursuivre hardiment sa politique de diversification agricole pour se sortir petit à petit de la “dépendance” du coton. La modernisation de l’activité agricole a entraîné depuis cinq ans, des excédents de production, mais la chaîne est incomplète avec l’absence d’unités de transformation et surtout l’épineux problème de la commercialisation. Au-delà des politiques nationales, la vision prospective commande de hâter l’intégration dans ce domaine aussi, avec une spécialisation en fonction des spécificités agricoles des pays. L’industrialisation tout azimut à l’échelle nationale n’est pas la panacée, avec ces “cimetières” industriels qui hantent le paysage de nos grandes villes.

Boubacar SY

Sidwaya du 21 mai 2007



21/05/2007
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