L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Pauvre français !

PRIX CNN DES JOURNALISTES

Pauvre français !


Coca-Cola dans ses relations de travail avec les médias a choisi d'offrir à certains journalistes un voyage sur Cape Town en Afrique du Sud pour vivre en "live" la cérémonie des CNN Multichoice African Journalist Awards 2007. Les Editions "Le Pays", à travers ma modeste personne, étaient de la partie. Voici quelques détails de ces 10 jours que j'ai passé loin de la rédaction du 14 au 24 juillet 2007.

 

Fabuleux ! Ce serait difficile de trouver un autre qualificatif pour ce séjour que j'ai effectué à Cape Town, l'une des plus belles baies de la planète. Cette merveille de ville qu'offre l'Afrique du Sud a accueilli les CNN Multichoice African Journalist Awards 2007. C'est à cette occasion que Coca-Cola, dans le cadre de ses relations avec les médias, a permis à une dizaine de journalistes dans le monde de vivre l'événement sur place. Au Burkina, la compagnie a porté son choix sur les Editions "Le Pays", à travers ma modeste personne. Ce furent cinq jours de rêve pleins que j'ai vécu sous l'ombre protectrice de la Table Mountain, la grande montagne au sommet plat qui fait la fierté de la ville aux mille et une baies.

Mais que de chemin pour se retrouver en ces lieux où les gratte-ciel flirtent allègrement avec la voûte céleste et où des plages au sable fin accueillent à longueur de journée des touristes avides de moments exquis ! Cependant, loin d'être un calvaire, le voyage a été un véritable régal. Ce fut une succession de matins et de nuits passés en classe affaires, que ce fût sur le parcours Ouaga-Dakar avec Air Sénégal ou sur celui Dakar - Johannesburg - Cape Town dans les confortables sièges-lits des immenses avions de la South African Airways. Autrement, les 8 heures qui séparent Dakar de Johannesburg, ajoutées aux 2 heures 30 minutes entre Ouaga et Dakar et aux 2 heures pour Johannesburg - Cape Town auraient pu être très pénibles. A ces heures tout de même interminables passées dans les "oiseaux de fer", il faut ajouter celles que j'ai mises à tirer mes deux sacs-trolley à travers les halls ou à attendre dans les salons VIP ou Prestige des aéroports de Dakar, de Johannesburg ou de Cape Town.

 

Ironie du sort


Fabuleux ! A l'instar de l'aéroport international O.R. Tambo où les avions décollent et atterrissent selon une fréquence inouïe pour moi, habitué que je suis aux 3 ou 4 avions en moyenne qui se posent sur le tarmac de l'aéroport de Ouagadougou ou en partent par jour, l'aéroport de Cape Town est d'un superbe à faire pâlir de jalousie certains aéroports occidentaux. Ce n'est que le reflet de la splendeur de Cape Town qui brille de mille feux la nuit et qui de jour se revêt d'une clarté que n'arrivent même pas à maculer des disparités sociales plus ou moins notoires entre Noirs et Blancs, entre riches et pauvres. Même si l'apartheid a été vaincue grâce à la lutte âpre de grandes figures comme Nelson Mandela qui soufflait justement ses 89 bougies durant notre séjour, chacun connaît sa place en Afrique du Sud, comme le dirait l'autre. Dans les grands restaurants ou les luxueux hôtels tel le "Commodore" (5 étoiles) où je logeais, rencontrer un Noir, en dehors de ceux présents pour les prix CNN, relève de l'exploit. Sauf quand ils sont valets ou femmes de ménage. Certes, il y a de plus en plus des Noirs ou des métisses qui émergent économiquement parlant. Ne dit-on pas que l'exception confirme la règle ? C'est dire que le pouvoir économique reste fortement concentré dans les mains d'une classe de privilégiés, en l'occurrence les Blancs. J'en étais à mon troisième séjour en Afrique du Sud, notamment en ce qui concerne Johannesburg. Et le constat a très peu évolué, surtout dans la ville paradisiaque de Cape Town, la capitale politique de l'Afrique du Sud, où siègent les parlementaires sud-africains. Lorsque je retournais à l'aéroport de Cape Town, le 22 juillet à bord d'une belle Mercedes Kompressor, après avoir laissé derrière moi le Waterfront et ses nombreuses galeries, ayant traversé des quartiers très huppés de la ville, je me suis retrouvé nez à nez avec l'un de ces "townships" faits d'habitations en cartons, en tôles rouillées et autres matériaux précaires. J'en fus peu surpris. En fait, je m'y attendais. Paradoxalement, un panneau implanté juste à côté de ce "ghetto" indiquait "Belleville". Ironie du sort.

 

Do you speak french ?


Durant le séjour sud-africain, mon anglais, qui n'est sans doute pas des meilleurs, tournait presqu'essentiellement autour de ces 4 mots : "Do you speak french ?" (Parlez-vous français ?) Ceci en espérant toujours, par coup de chance tomber sur un francophone dans un pays où la langue de Sheakespeare est celle utilisée dans toutes les transactions. Ainsi, que ce soit à l'aéroport, à l'hôtel ou au port où je flânais pour admirer les bateaux et les spectacles en plein air, j'étais peu loquace. Sauf lorsque je suis avec mes confrères Laciné Fofana de la Côte d'Ivoire ou Makon Ma Pondi du Cameroun. Là, le français est maître et nous devenions parfois la curiosité des gens de notre entourage qui se demandaient sans doute de quelle planète nous avions été éjectés pour utiliser ce baragouin auquel ils ne pipaient mot. Dans les restaurants, le très sympathique Philippe Georgiu de Coca-Cola Afrique jouait les interprètes car les menus en anglais nous coupaient simplement l'appétit. Ces moments de retrouvailles entre gens qui se comprennent bien, qui communiquent en français, langue apprise avec application depuis notre maternelle, étaient si précieux que des consoeurs, Khouloud Kebali, Nadia Alami-Badissi, et le confrère Khalid El Horri, tous du Royaume du Maroc, étaient quelque peu malheureux parce que nous quittions - Laciné et moi - Cape Town 24 heures avant eux. Ma rencontre avec une autre consoeur, cette fois de l'Algérie, est à placer dans le même registre. Lors de la pause d'un de ces nombreux exposés, tous en anglais, qui se passaient au Ballroom de l'hôtel Table Bay, elle s'est exclamée : "Ouf ! Quel plaisir de pouvoir parler avec quelqu'un qui vous comprend !" Sinon, jusqu'à ce séjour à Cape Town, j'ignorais que parler français pouvait faire autant de bien.

 

Un seul regret


Fabuleux ! Oui, en sus de la découverte d'une ville fabuleuse, j'ai suivi, bien qu'elles soient en anglais, des conférences aux thématiques aussi variées que riches en enseignements. Média africain et globalisation : défi, prospectives et opportunités; Liberté de presse en Afrique; Rôle des médias dans la lutte contre le VIH/Sida, etc., ont été autant de questions soumises à la réflexion des journalistes et de leurs partenaires présents à Cape Town pour les CNN Multichoice African Journalist Awards 2007. Tout comme les autres instants de mon séjour, la cérémonie de remise des prix aux lauréats a été féérique. Les petits plats ont été mis dans les grands par les organisateurs pour faire du 21 juillet 2007 une date à marquer d'une pierre blanche dans la vie des nominés. La vaste salle de la Cape Town International Convention Center (CTICC) s'est parée de ses plus beaux atours pour accueillir l'événement. Au finish, les heureux lauréats, dont notre confrère Alain Zongo dit St Robespierre de L'Observateur paalga, sacré dans la catégorie "Presse écrite francophone", n'ont pas caché leur joie d'avoir vécu cette aventure.

Mon plus grand regret alors que mon séjour prenait fin, c'est de n'avoir pas pu faire l'expédition jusqu'à Robben Island, la célébre prison où était détenu Nelson Mandela, à défaut de rencontrer ce grand homme pour lui serrer la main. Ce rêve s'accomplira peut-être une autre fois. Sait-on jamais ?

Toutes les bonnes choses étant trop courtes, selon notre entendement d'humain, le périple sud-africain prenait fin et il fallait refaire le trajet en sens inverse : Cape Town - Johannesburg. - Dakar - Ouaga. Le voyage était extraordinaire, le séjour plaisant, la nation arc-en-ciel très accueillante, mais rien ne vaut chez soi.

 

Morin YAMONGBE

Le Pays du 3 août 2007

 

ENCADRE

Cours d'histoire

Cape Town a été fondée en 1652 par la Compagnie orientale hollandaise. Objectif : créer un simple comptoir afin d'y faire reposer les hommes et se ravitailler en vivres sur la longue route maritime qui les conduisait jusqu'aux Indes. Mais les premiers colons entrent vite en conflit avec les premiers habitants de ces terres : les Sans, plus connus sous le nom de Bushmen. Leur présence remonte à plus de quinze mille ans. Ce sont des chasseurs-nomades. Cependant, désorganisés, vivant en petits groupes, ils seront voués rapidement à la disparition ou intégrés à la population européenne. D'où naîtra une classe de métisses. Car Cape Town se caractérise par une population incroyablement métissée. De nos jours, dans les rues, se croisent Indiens, Noirs, Européens, Malaisiens... En 1795, les Britanniques occupent la province du Cap avant de s'y installer définitivement en 1806. Leur décision d'abolir l'esclavage dans tout l'Empire en 1833 est directement à l'origine du grand trek : des milliers de Boers, les premiers colons hollandais, marchent vers le Transvaal et le Natal, afin de s'installer le plus loin possible de la province du Cap. Les premiers affrontements entre "Blancs" et "Noirs" se font avec les Xhosa, une des principales ethnies. Des guerres de frontières qui dureront cent ans. Vainqueurs, les Boers poursuivent leur progression et s'implantent principalement au nord-ouest de l'Afrique du Sud. Au début du siècle est créée Johannesburg, actuelle capitale économique, avec la découverte des filons d'or, puis la République Sud- Africaine composée de 2 Etats : le Transvaal et l'Etat libre d'Orange. Les Anglais refusent cette indépendance, d'où la terrible guerre anglo-boers de 1899 à 1902. Les Boers défaits acceptent définitivement la tutelle anglaise. Tutelle dont ils se libéreront progressivement au cours du XXe siècle.

Le Cap de Bonne Espérance est un cap mythique, le point de rencontre de l'Océan Atlantique et de l'Océan Indien. Ce Cap sera dépassé la première fois par le navigateur portugais Bartolomeu Dias en 1488. Le Cap se trouve au coeur d'une très belle réserve sauvage de 7 750 hectares.

Source : Internet



03/08/2007
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