L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Paysage politique burkinabè : Un «autre Burkina» de plus ?

Paysage politique burkinabè

Un «autre Burkina» de plus ?

 

Le paysage burkinabè s'est encore enrichi d'un nouveau parti. Son nom de baptême : l'Autre Burkina/PSR, entendez Parti pour le socialisme et la refondation. Son géniteur, le Dr Alain Dominique Zoubga. Dans l'acte de naissance, paru dans notre édition n°6944 du mercredi 8 août 2007, le fondateur, après avoir peint un tableau sombre de la situation nationale, marquée par «une crise profonde et structurelle, l’asservissement de tous les pouvoirs par le parti majoritaire, la mal gouvernance, le règne de l’impunité, la dégradation des valeurs morales… », donne les tenants et les aboutissants de sa formation et dit comment il voit cet autre Burkina qu'il appelle de tous ses vœux.

Connu comme le loup blanc, celui qui a signé la déclaration de naissance au nom du Comité national provisoire (CNP) du parti n'est plus vraiment à présenter. Médecin formé à Dakar, cet ancien militant de l'Union des luttes communistes (ULC) fut ministre de la Santé sous la révolution avant de créer, avec le vent de démocratisation, le Parti du progrès social (PPS), qui a fusionné par la suite avec le PDP/PS. Puis il démissionnera des instances de ce parti sans le quitter forcément. Celui qui vient d'inventer l'autre Burkina justifie donc d'un background respectable et on ne saurait lui contester une expérience certaine acquise pendant de longues années de vie militante. Tout ce qu'il faut donc pour pouvoir mener à bon port sa nouvelle barque dans un marigot politique burkinabè où les récifs ne manquent pas.

Mais au-delà des qualités intrinsèques de l'homme et de ceux qui ont formé avec lui cette formation politique, on peut se poser la question de savoir ce que l’Autre Burkina/PSR apporte de nouveau dans l'environnement politique burkinabè, déjà surchargé de sigles. Est-ce le 110e? Est-ce le 120e? Qu'importe le rang que va occuper l'Autre Burkina sur la scène nationale. On se demande si ce n'est pas encore une fois un parti de plus voire de trop. Que peut-il véritablement proposer de nouveau et d'original qui n'ait jamais été conçu ou pensé par la centaine de ses prédécesseurs ? Sans doute rien. Et ça, ce n'est plus une question de littérature ou de belles lettres. 

Quelle place l'Autre Burkina peut-il se faire sur l'échiquier national où, du CDP au PAREN en passant par l'UNDD, l'ADF/RDA, le PDP/PS, les sankaristes toutes obédiences confondues, ceux qui comptent véritablement ne dépassent pas la quinzaine ? Il est vrai que, pour reprendre une formule consacrée par le vieux Alfred Kaboré, certains préfèrent être la tête d'un rat plutôt que la queue d'un lion ; le tout étant d'avoir sa propre et petite affaire (dans tous les sens du terme). Mais cette atomisation à outrance du landerneau  politique est déplorable et dessert finalement la démocratie, que paradoxalement les atomiseurs professionnels prétendent défendre. De l’autre Burkina, on en a déjà entendu parler avec le PDS : «Pour un autre Burkina, osons l’alternance avec Philippe Ouédraogo !»

Il est vrai que le PDP/PS est plutôt moribond depuis quelque temps, et la question que nombre d'observateurs de la scène politique nationale se posent est de savoir si le parti survivra au  Pr Joseph Ki-Zerbo (décédé le 4 décembre 2006). Mais la lutte ne pouvait-elle pas se mener au sein d'un parti déjà structuré, quitte à le changer de l'intérieur ?

 

Kader Traoré

L’Observateur Paalga du 10 août 2007



10/08/2007
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