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Pénurie d’essence frélatée : Des Ivoiriens s'approvisionnent en carburant à Banfora

Pénurie d’essence frélatée

Des Ivoiriens s'approvisionnent en carburant à Banfora

Depuis le mardi 25 mars 2008, les stations d’essence à Banfora ne désemplissent pas. Des propriétaires de multiples bidons de 20 litres y font la queue à longueur de journée. Après remplissage, les bidons sont convoyés en territoire ivoirien où, semble-t-il, le litre est vendu à 2 000 F CFA. Cette pénurie d’essence en Côte d’Ivoire est vécue dans la zone rebelle et serait due à une rupture du liquide précieux dans les raffineries qui la servent depuis le déclenchement de la crise.

L’on serait tenté de dire, avec cette pénurie de carburant en zone communément appelée zone rebelle, que nous assistons à un revirement de situation. Dans un passé très récent, le carburant quittait cette zone pour être vendu au Burkina à un prix défiant la concurrence des stations ordinaires. Ce carburant, qualifié d’essence frelatée et couramment appelé « marcoussis », de par son prix (25 ou 50 F moins cher que celui vendu en station), avait envahi la ville de Banfora et noyé toute la région des Cascades. Aujourd’hui, les vendeurs d’essence font le chemin inverse. Après avoir vidé les stations de Niangoloko, ils se ruent actuellement sur celles de Banfora, créant souvent une rupture de stock dans la cité du Paysan noir. Chacun y va de ses moyens : vélos au porte-bagages et aux jantes modifiées pour supporter le poids des bidons, mobylettes et quelquefois véhicules sont utilisés pour ce trafic dont l'importance du bénéfice ne fait aucun doute. Un conducteur de véhicule ivoirien nous a confié que le litre d’essence était vendu à 2 000 F en zone rebelle. Connaissant la situation chez lui, il profite de son passage à Banfora pour ramener trois bidons de 20 litres pour son usage personnel. C’est certainement ce qui suscite autant d’engouement chez ces commerçants dont certains sont des reconvertis spontanés, qui veulent profiter de la situation pour s'en mettre plein les poches. En effet, à Banfora ils achètent le litre de super 91 à 640 F et le revendent à 2 000 F de l’autre côté de la frontière. Ces commerçants justifient le prix de vente à Ouangolodougou par le coût élevé du transport. A la question de savoir pourquoi ils ne vont pas vers Abidjan pour se ravitailler, ils répondent que depuis le début de la crise leur zone n’a plus jamais été servie en carburant par la partie sud du pays.

Depuis le mardi 25 mars 2008, les gérants de station se frottent les mains. Ceux qui faisaient une semaine sans commander du carburant le fond deux fois par jour et sont heureux de constater que leurs stations ne désemplissent pas à longueur de journée.

Mamoudou TRAORE

Le Pays du 1er avril 2008



01/04/2008
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