Pourquoi exige-t-on des acteurs d'être des modèles ?
Enseignement
Pourquoi exige-t-on des acteurs d'être des modèles ?
La condition de l'enseignant de nos jours est au coeur des préoccupations de l'auteur de l'écrit ci-dessous.
"Même au temps du colon, celui-là que nous diabolisons aujourd'hui, l'enfant quoique Noir, n'était pas confié à n'importe qui. On ne quittait pas du jour au lendemain le banc de l'élève pour la chaise du maître, de l'instituteur. Pour être enseignant, éducateur, il fallait une préparation méticuleuse. Il ne suffisait pas seulement d'avoir un certain bagage intellectuel pour faire ce métier. Indépendamment de la formation qui durait 4 ans, il fallait avoir la vocation, aimer les enfants. On faisait beaucoup cas de la qualité et non de la quantité comme c'est le cas de nos jours : recrutements de 3 000 enseignants sans compter les SND et j'en passe. Je suis vraiment surpris que par les temps qui courent, on parle, s'agissant des enseignants, des gens censés être des modèles pour les enfants à eux confiés. Est-ce que l'Etat a besoin réellement d'hommes modèles pour le devenir de ceux-là qui seront le Burkina de demain ? Je ne le pense pas. Exige-t-on du commis, du douanier, du policier, de l'infirmier cette conscience ? L'instituteur, je veux dire notre modèle, n'a-t-il pas été recruté de la même manière que son collègue commis ou infirmier ! C'est-à-dire par voie de concours ! Quant à sa formation, elle dure à peine 6 mois. On est pressé, il faut que tous les Burkinabè parlent et écrivent français, leur langue d'adoption en un temps record, condition sine qua non pour leur survie, dirait-on. Pourquoi exigez-vous donc de ces enseignants d'être des modèles ? Seraient-ils des surhommes ?
Et ce sont ces gens qu'on poursuit, qu'on enferme pour un rien. La justice existe-t-elle au Burkina ? Chaque jour que Dieu crée, on dépense chez nos dignitaires du régime en place, rien que pour la popote près de 200 à
H. Tibila Ouédraogo
Le Pays du 9 avril 2008
A découvrir aussi
- Athlètes, venez vous inscrire au premier marathon Ouaga-Laye
- Une Anguille glissante (1) sur les rives du Kadiogo
- La route fait 4 victimes dans le Mouhoun
Inscrivez-vous au blog
Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour
Rejoignez les 1023 autres membres