L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Procès des étudiants : Hier au palais

Procès des étudiants

Hier au palais

Comme il fallait s’y attendre, hier, le palais de justice de Ouaga 2000 avait toutes les allures d’un camp assiégé, et la tension y était fort perceptible. On se souvient que, lors de son point de presse tenu le lundi 23 juin dernier, le comité exécutif de l’ANEB invitait les étudiants à se rendre massivement au palais "pour soutenir les camarades".

Un appel apparemment reçu cinq sur cinq, puisqu’ils y étaient effectivement. Et c’est dans cette ambiance qu’a débuté le procès des étudiants, sur lequel nous reviendrons. Prenons d’abord connaissance avec cette déclaration des Centrales syndicales et des syndicats autonomes du Burkina Faso, à propos de la situation à l’université.

Le mardi 17 juin 2008, les étudiants des UFR/Sciences Exactes et Appliquées (SEA) et Sciences de la Vie et de la Terre (SVT), alors qu’ils organisaient, dans le cadre de leurs corporations, une marche en direction de la présidence de l’université, ont été violemment réprimés par les forces de sécurité, utilisant gaz lacrymogène et matraques, et tirant à balles blanches et à balles réelles. Le triste bilan de l’intervention des forces de sécurité se présente succinctement comme suit :

• du côté des étudiants, une trentaine de blessés, dont quatre (4) graves ; une soixantaine d’interpellés, dont une trentaine toujours détenue à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) ; avec un procès programmé pour le mardi 24 juin ; • du côté des forces de l’ordre, quatorze blessés.

Des témoignages dignes de foi indiquent que des militaires du Régiment de sécurité présidentielle sont intervenus aux côtés des gendarmes et des policiers, et que des balles réelles ont été utilisées contre les manifestants. A l’origine de cette répression, l’interdiction par le président de l’université, le professeur Jean Koulidiati, et ce, pour la troisième fois consécutive et sans justification, de la manifestation programmée par les étudiants en vue d’appuyer leurs revendications. Celui-là même qui a fait appel à la gendarmerie contre les étudiants reconnaît par ailleurs la pertinence des problèmes soulevés, problèmes auxquels il n’a pu apporter des réponses satisfaisantes.

Nos organisations syndicales, attachées au respect des libertés démocratiques et syndicales, dénoncent les atteintes à la liberté de manifestation des étudiants, qui ont le droit d’exprimer leur mécontentement par une manifestation publique et pacifique, qui plus est, se limitait à l’enceinte de l’université. Nous invitons le président de l’université de Ouagadougou et les autorités du ministère des Enseignements secondaire supérieur et de la Recherche scientifique :

 à bannir le recours à la répression ;
 à privilégier la discussion avec les étudiants en vue de la résolution des nombreux problèmes que vit notre jeunesse estudiantine, lesquels sont ressentis par tous ;
 à veiller au respect des franchises universitaires et à respecter le droit des étudiants à manifester ;
 à renouer le dialogue avec les étudiants autour de leurs préoccupations.

De même, nos organisations syndicales élèvent une vive protestation contre :
 l’utilisation de militaires dans le maintien de l’ordre public ;
 l’utilisation de balles réelles dans le maintien de l’ordre public. En effet, rappelons à cet égard les tristes événements de mai 1995 au cours desquels deux élèves, Emile Zigani et Blaise Sidiani, touchés par des balles ont perdu la vie à Garango et ceux de décembre 2000 où la répression d’une manifestation d’élèves a causé la mort d’un élève du CM2 à Boussé, Nébié Flavien. L es conditions d’études particulièrement difficiles que vivent les étudiants aujourd’hui et le retard important qu’accusent les différentes UFR dans l’exécution des programmes commandent que soient reconsidérée l’approche des revendications des étudiants et les rapports avec leurs organisations. Enfin, nos organisations syndicales exigent la relaxe et la libération pure et simple de tous les étudiants et de toutes les personnes arrêtés et détenus.

Non à la violation répétée des franchises universitaires ! Non à la répression des étudiants en lutte ! Examen sérieux des revendications posées.

Fait à Ouagadougou, le 24 juin 2008

Ont signé Les secrétaires généraux :

CGT-B Tolé Sagnon

CNTB Laurent Ouédraogo

CSB Jean Mathias Liliou

O/UNSL Joseph Tiendrédéogo

ONSL Paul Kaboré

USTB El hadj Mamadou Nama

Pour les Syndicats autonomes : Le Président du mois Victor S. Hien (SYNTAS)

 

L’Observateur Paalga du 25 juin 2008



25/06/2008
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