L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Remaniement ministériel : "Encore un divertissement !"

Remaniement ministériel

"Encore un divertissement !"

 

Le départ de Salif Diallo du gouvernement suscite beaucoup de réactions de la part de nos lecteurs. Nous vous proposons celle de Ismaël Konfé venant de Ouahigouya, fief de Salif Diallo.

 

La nouvelle est tombée comme un couperet dans la nuit du 23 mars 2008. Un remaniement orienté et taillé sur mesure. Des questions, beaucoup de Burkinabè se les posent sur ce départ. Pas parce que Salif Diallo est indispensable mais parce que c’est Salif Diallo. Tous les Burkinabè le savent, Salif Diallo n’est pas n’importe qui. C’est le pilier du pouvoir du président Blaise Compaoré ; l’homme- orchestre. C’est aussi le vice-président du CDP, parti au pouvoir. C’est l’homme politique le plus adulé au Yatenga.

La plupart des parutions du mardi 25 mars 2008 ne donnent pas plus de détails. Seulement des hypothèses qui tiennent en trois (3) ordres :

1- Des rumeurs de brouille entre Salif Diallo et François Compaoré, petit frère du président.

2- Des brouilles aussi entre Salif Diallo et le Premier ministre.

3- Des rumeurs d’accusation impliquant Salif Diallo dans les manifestations des 20, 21 et 28 février 2008 dans les villes de Bobo, Ouahigouya et Ouagadougou.

 

On se rappelle que les 20, 21 et 28 février 2008, les commerçants des villes sus- citées sont sortis dans la rue pour manifester contre la flambée des prix des produits de grande consommation. Les résultats ont été déplorables : casses, destructions de biens publics et privés, pillages, vandalisme…

Si, dans la forme, ces manifestations sont condamnables, dans le fond, elles traduisent le désespoir d’une vie de plus en plus chère face au silence de nos dirigeants.

Le 15 mars 2008, c’était le tour des organisations syndicales d’investir les rues des villes et communes du Burkina pour dénoncer la vie chère. La mobilisation fut forte et les organisations se sont donné les moyens de rebondir en cas de non- satisfaction de leurs points de revendication. Les grèves des 7 et 8 avril 2008 s’inscrivent dans cette optique.

Une semaine après cette marche, c’est presque toujours le mutisme du côté du palais de Kosyam. Pas même la primature ne dit mot.

Je fais fi des semblants de mesures pour la baisse des prix des produits de première nécessité. D’ailleurs, cette baisse ne se sent pas sur le terrain.

Dans un tel contexte socio-économique et politique difficile, un remaniement avec un départ d'une personnalité de la trempe de Salif Diallo semble être opéré pour divertir les esprits. On le sait en Afrique, lorsqu'un gouvernement est en difficulté, il cherche des sujets ou crée des événements pour détourner les regards, pour faire oublier les préoccupations réelles du moment et gagner ainsi du temps. On se rappelle que pendant que les Burkinabè étaient en train de jubiler au stade du 4-Août derrière les Etalons lors de la CAN 98, l’Assemblée nationale votait la loi sur la réforme globale de l’Administration.

Cependant, ni le départ de Salif Diallo, ni le sacrifice d’un autre bonze du pouvoir de la 4e république ne peut voiler l’esprit des populations sur la vie chère. La vie chère n'est pas un mirage ni un fonds de commerce politique. C’est une réalité qui crève les yeux. Il est donc temps de réfléchir à des solutions réelles et durables.

Un dicton dit que ventre vide n’a point d’oreilles. Alors, faites en sorte que le peuple n'ait pas faim.

 

Ismaël Konfé Instituteur à Ouahigouya

Le pays du 28 mars 2008



28/03/2008
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