L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Rentrée scolaire 2007-2008 : Une gratuité incomprise par certains parents

Rentrée scolaire 2007-2008

Une gratuité incomprise par certains parents

 

La rentrée scolaire 2007-2008 s'est effectuée comme prévue le 1er octobre. Elle se singularise des précédentes dans la mesure où elle connaît un début d'application de la loi d'orientation de l'éducation adoptée par l'Assemblée nationale le 30 juillet 2007. Hier, de la maternelle de l'école "Les Grâces I" au lycée Marien N'Gouabi en passant par l'école primaire publique de Bilbalogo, nous avons pris l'atmosphère de cette reprise.

 

Certains sur les balançoires en esquissant de larges sourires, d'autres s'occupant de leur goûter, les tout-petits de la maternelle de l'école "Les Grâces I" sise à Gounghin semblaient être fiers de retrouver leur monitrice.

Dans cette maternelle, la rentrée s'est effectuée en théorie depuis le 19 septembre mais ce n'est qu'hier selon la directrice, Mme Traoré, que tous les chérubins ont répondu présents.

Les parents vont devoir ainsi modifier leur quotidien pour qu'ils retrouvent chaque jour leur cadre d'épanouissement et d'apprentissage. Ces va-et-vient en valent la chandelle car ces garnements incarnent l'espoir de demain.

Appel et distribution des fournitures, tel devrait être en principe le programme du premier jour dans les écoles qui bénéficient de la phase d'application effective de la gratuité en conformité avec la nouvelle loi d'orientation de l'éducation adoptée par l'Assemblée nationale le 30 juillet 2007. Mais à l'école primaire publique de Bilbalogo comme dans bien d'autres de notre capitale, le programme peut se resumer en : remettre les cahiers de composition aux parents retardataires qui attendent jusqu'à la rentrée pour s'enquérir de la situation scolaire de leurs enfants ; conseillers aux parents des élèves exclus de se rendre dans d'autres établissements, se pencher sur les cas sociaux, appel des élèves. "Ce que nous n'avons pas pu faire d'autres peuvent le faire, n'insistez pas pour qu'on reprenne ton enfant, changez d'établissement et suivez-le bien, vous verrez qu'il réussira".

Conseille la directrice de ladite école, Awa Ouédraogo, a un parent d'élève qui tenait mordicus à garder son enfant exclu dans cet établissement.

Selon la réglementation, un élève de CP2, de CE2 et de CM2 peut être renvoyé en cas d'insuffisance de rendement. Sont de ceux-là, Nikièma Abaze qui avec 2,67/20 au CE2 a été exclu.

Mais la mère de cet orphelin Zoenaba Nikièma est venue demander la clémence des responsables de l'école "Depuis le décès de mon mari, nous explique-t-elle, entre deux sanglots, je m'occupe de la scolarité de mes enfants.

Le premier n'a pas pu continuer après son CEP faute de moyens, il apprend maintenant la menuiserie, celui-là refuse aussi de travailler même s'il a quelques problèmes d'audition. Je sais qu'il peut réussir si on le reprend ici".

 

2000 F c'est pas gratuit

 

Le bureau des parents d'élèves de cette école était mobilisé en cette rentrée. Les parents se sont attroupés autour d'eux pour le paiement des 2000 F par élève au titre de la cotisation, pour soutenir l'école dans l'accomplissement de ses missions. Une contribution jugée de trop par certains qui brandissent la décision du gouvernement sur la gratuité de l'éducation.

En effet, l'obligation scolaire de 6 à 16 ans et la gratuité de l'enseignement de base public font partie des dispositions de la loi d'orientation de l'éducation. "J'ai été scandalisée de voir mon enfant au dehors, sous prétexte que je n'ai pas payé 2000 F pourtant j'ai entendu à la télé et à la radio que l'école est désormais gratuite. Je bénis le chef de l'Etat qui a compris notre souffrance. Il faut qu'il applique cette décision parce que c'est pas tout le monde qui peut avoir 2000 F" fulmine Fatimata Kaboré en langue nationale mooré. Ce que cette mère n'a pas compris, c'est que cette somme doit être versée dans la caisse des parents d'élèves pour faire face à certaines dépenses de l'école. Toutefois reconnaissons qu'aucun enfant ne doit être renvoyé pour non-paiement de cette somme par ses parents.

Selon la directrice, dans les fournitures octroyées par l'Etat, il manque à leur niveau des bics et des livres de calcul du CM1 sans oublier le matériel didactique dont la charge revient, selon elle, aux parents d'élèves.

Pour parer à ces éventualités, la maîtresse du CM2, Cécile Congo, est contente à ce premier jour de rentrée, de recopier la liste de certaines fournitures pour préparer les parents au cas où il y aurait manque.

Au lycée Marien N'Gouabi on a procédé à l'appel des élèves de la 6e et de la 2nde avant de rentrer en Conseil d'établissement qui réunit le corps professoral et les surveillants.

C'est l'occasion selon le proviseur Mathias Concobo, de discuter des problèmes pédagogiques, du découpage de l'année, du régime des devoirs et nous en oublions.

A l'en croire, ce Conseil sera suivi par une formation de mise à niveau sur les grands courants pédagogiques parce que les effectifs et l'esprit des élèves ont beaucoup évolué. Alors que les élèves retournent en classe c'est maintenant que les résultats de la session de juin à l'université de Ouagadougou commencent à tomber. Pour ceux qui sont ajournés à la précédente session aucun répit d'une minute n'est laissée sans le travail. Nous avons trouvé en effet des étudiants au Marien N'Gouabi en train de reviser, qui ses mathématiques financiers, qui ses leçons de statistiques.

Courage à tous car chaque chose à son temps.

 

Abdou Karim Sawadogo

L’Observateur Paalga du 2 octobre 2007



02/10/2007
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