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Respect de l’éthique et de la déontologie : Le CSC auditionne 4 promoteurs de médias

Respect de l’éthique et de la déontologie

Le CSC auditionne 4 promoteurs de médias

 

Le communiqué de presse ci-dessous est relatif à des auditions de "responsables d'organes de presse par le Conseil supérieur de la communication (CSC) le 10 avril 2008. Et cela, pour non-respect de l'éthique et de la déontologie de la profession de journalistes dans certains de leurs articles ou émissions.

 

La Commission chargée de la liberté de la presse, de l'éthique, de la déontologie et de la publicité dans les médias a écouté et auditionné, le jeudi 10 avril 2008 au siège du Conseil, successivement les responsables de la radio privée communautaire Radio Salankoloto, du journal privé Le Libérateur, du quotidien privé Le Pays et de l'hebdomadaire privé San Finna. Le président de la Commission, le conseiller Dr Victor Sanou, avait à ses côtés le vice-président du Conseil, M. Urbain Sikono Traoré, M. le conseiller Gnanou Yaya Tamani, les chargés des missions et des chefs de département du CSC.

 

Le Conseil a écouté la Radio Salankoloto, représentée par son Directeur général, M. Roger Nikiéma, à propos de sa correspondance relative à un incident survenu dans le village de Diddrin (département de Koubri, province du Kadiogo) suite à une mauvaise exploitation d'une information liée au port du condom au cours de l'émission d'expression directe "Zu luese" diffusée le 16 mars 2008 sur les antennes de la station. En vue d'apaiser le climat social dans la localité, le Directeur général de la radio a entrepris des démarches qui ont permis d'endiguer très vite l'incident. Le Conseil a pris acte de ces démarches qui traduisent un sens élevé de responsabilité de la direction de la radio. Il a également exhorté le promoteur de la station à redoubler d'efforts et de vigilance dans la quête de l'excellence. Cette affaire, dira le Directeur général de la radio, appartient au passé.

 

Le Conseil a ensuite auditionné M. Juvénal Somé, représentant le journal Le Libérateur, à qui il est reproché d'avoir publié dans sa livraison numéro 52 du 20 mars au 4 avril 2008 une interview du chanteur ivoirien Alpha Blondy dont le titre est "Ado est un traître,- il ne sera jamais président en Côte d'Ivoire". Après examen de l'interview, le Conseil a décelé, dans le fond, de nombreuses atteintes aux dispositions du code de l'information (notamment l'article 109 relatif à la diffamation) et de multiples entorses aux normes de déontologie contenues dans la charte des journalistes burkinabè (article 12 relatif à la vie privée, aux injures, etc.). Le responsable du journal a reconnu le caractère excessif de l'article à certains endroits. Dans ce sens, il s'est engagé, à l'avenir, à prendre plus de précautions dans la publication de tels écrits afin de ne pas contribuer à la déformation du niveau de la presse nationale reconnue pour sa crédibilité et sa pondération.

 

La Commission a également entendu le Directeur général des Editions "Le Pays", M. Boureima Jérémie Sigué, accompagné de son directeur des rédactions, Morin Yamongbé, du directeur de publication délégué/Conseiller technique, M. Mahourou Kanazoé, et de M. Ladji Bama, journaliste. L'audition faisait suite à la publication dans la livraison N°4081 du 25 mars 2008, d'une interview de Christian T. Koné du PNR/JV sur le dernier remaniement gouvernemental et dont le titre est "On le préfère mort que vivant". Le Conseil a relevé un ton et des insinuations graves à certains endroits de l'interview et qui portent atteinte aux dispositions de l'article 109 du code de l'information (relatif à la diffamation) et à l'article 12 de la charte de déontologie de l'Association des journalistes du Burkina (portant, entre autres, sur la vie privée et la dignité humaine). Le journal a reconnu l'existence, dans l'interview, de passages peu pondérés. Le Directeur général a remercié le Conseil pour sa démarche pédagogique et qualifié d'utile la présence à l'audition du journaliste ayant recueilli les propos. Cela dans la mesure où cette présence peut contribuer à l'aguerrir au plan professionnel. Il a également affirmé prendre en compte les observations du CSC afin de garder le cap du professionnalisme.

 

L'audition de l'hebdomadaire privé San Finna est intervenue après la publication dans le numéro 456 du 24 au 30 mars 2008 d'une interview de l'artiste ivoirien Alpha Blondy et intitulée "Rupture Alpha Blondy/Alassane Ouattara : des révélations explosives du reggaeman ivoirien". D'entrée de jeu, le Conseil a rappelé sa mission d'accompagnement de la liberté de la presse au plan national et situé l'esprit de l'audition qui s'inscrit dans le cadre d'une démarche pédagogique et non punitive. Le Conseil a relevé que l'article concerné comportait des manquements graves au code de l'information (notamment son article 109) et à la charte des journalistes burkinabè (article 12). Aussi a-t-il invité le journal à davantage de retenue et de responsabilité dans le traitement de l'information. Le directeur de publication du journal, M. Mathieu N'Do, a reconnu que certains éléments de l'interview peuvent effectivement choquer.

Il n'aurait pas publié l'article en l'état s'il en était l'auteur, a-t-il soutenu. Après avoir salué la démarche du CSC, il a indiqué que cette dérive de son journal était à mettre au compte du relâchement. Il s'est ainsi engagé à prendre en compte les observations du Conseil pour une pratique journalistique plus professionnelle.

 

Département Communication et Relations publiques

Le Pays du 28 avril 2008



28/04/2008
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