L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Sur les traces des manifestants du 28 février

CASSES A OUAGADOUGOU

Sur les traces des manifestants du 28 février

 

Vendredi 29 février 2008, retour au calme à Ouagadougou. La ville se remet lentement des dégâts causés la veille, suite aux violentes manifestations contre la vie chère. Tous les quartiers ou presque, ont été atteints.

 

Les principales avenues présentent encore, par endroits, des noirceurs de pneus brûlés. Des feux tricolores, des panneaux publicitaires, des immeubles, des enseignes lumineuses, des véhicules d'Etat et des véhicules personnels, etc. présentent également des impacts de pierres, de gourdins et autres projectiles. Bref, les dégâts matériels sont énormes. A Dapoya, au secteur 12, le bâtiment abritant la Caisse populaire a essuyé des coups de pierre. Les vitres à la façade du bâtiment ont été brisées par un groupuscule de jeunes manifestants. Noufou Tassambedo, chef du service administratif de cette unité financière raconte: " Nous avions été très tôt alertés de la venue des manifestants. Alors nous avons, par précaution, fermé à clef toutes les entrées du bâtiment et seul le personnel est resté dedans. Quelques temps après, les manifestants sont effectivement arrivés et ont violemment frappé contre la façade du bâtiment, et ont brisé les vitres ainsi que le panneau lumineux. Mais ils n'ont pas eu accès à l'intérieur de la salle et nous avons ainsi échappé à un pillage". Le bâtiment abritant l'agence ECOBANK de Ouidi a également subi le même sort. Les travailleurs de ces différentes institutions affirment ne pas savoir pourquoi ils ont été pris pour cibles. M. Tassambedo de la Caisse populaire de Dapoya pense qu'il s'agit là d'actes de jeunes bandits qui ne cherchaient qu'à semer le désordre dans la ville. Le fait, selon lui, est aux antipodes d'une véritable manifestation contre la vie chère. De Dapoya, nous avons mis le cap sur Tanghin. Là-bas, des biens publics communaux dont le Centre municipal multimédia présente des séquelles des violentes manifestations de la veille. Mais le plus grand dégât dans ce quartier a été enregistré à l'immeuble en construction appartenant au maire Zacharia Sawadogo de l'arrondissement de Nongremassom, et dont le rez-de-chaussée abritait le siège de l'imprimerie Martin pêcheur, une propriété privée du même maire. L'intérieur du bâtiment a été littéralement saccagé et pillé par les manifestants. Des ordinateurs, des photocopieuses, des imprimantes, des chaises, des portes, du matériel de construction, etc. ont été emportés, selon le directeur de l'imprimerie, par les jeunes déchaînés. Salifou Sawadogo et ses collèges que nous avons trouvés au pied de l'immeuble saccagé nous ont également fait visiter l'intérieur de quelques salles qui faisaient office de salon de coiffure, de télécentre et de magasin de vente de téléphones portables et accessoires. Ces locaux ont également été saccagés et pillés.

Sur l'avenue Bassawarga, les magasins et boutiques au niveau de la Maison TV5 ont aussi été détruits et incendiés au passage des jeunes armés de gourdins et de pierres.



Paul-Miki ROAMBA

Le Pays du 3 mars 2008



INFORMATIONS SUR LA VIE CHERE

Le CSC met en garde...

 

Ceci est une adresse du Conseil supérieur de la communication aux directeurs de médias sur le traitement de l'information relative aux manifestations sur la vie chère.

 

Messieurs les Directeurs des organes de presse écrite et audiovisuelle,

Le Conseil supérieur de la communication constate que le contexte national marqué ces derniers temps par des manifestations de rue sur la vie chère donne lieu à des dérives dans le traitement de l'information, singulièrement à travers des émissions d'expression directe ou des micro-trottoirs.

Le Conseil supérieur de la communication, par la présente, appelle votre attention sur la nécessité d'observer la plus grande rigueur professionnelle dans le traitement de l'information, afin que vos colonnes ou antennes ne soient le cadre de dérives susceptibles, en cette période sensible, de mettre en péril la sérénité indispensable à la paix sociale.

Le Conseil ne saurait tolérer la publication d'articles ou la diffusion de propos et d'images portant atteinte à la loi, à l'éthique et à la déontologie.

 

Ouagadougou, le 29 février 2008

 

Pour le Conseil

Le président Luc Adolphe Tiao

Commandeur de l'Ordre national

Le Pays du 3 mars 2008



03/03/2008
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