L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Taipei, la ville des mille et une Merveilles

Taipei

La ville des mille et une Merveilles

Devant moi, une succession ininterrompue de collines. Sur les flancs de celles-ci, de géantes tours, qui tutoient le ciel de Taipei. Le paysage est pittoresque, le climat, d’été, chaud et humide, comme celui de mon pays, que je viens de quitter. Cette courte escapade sur l’île taiwanaise, où tout semble merveilleux, me restera longtemps gravée dans la mémoire. En effet, cinq jours après mon retour du pays de Tchang Kaï-chek (leader des nationalistes chinois qui a fondé Taïwan), le souvenir de ce voyage demeure toujours vivace dans mon esprit. A chaque fois que défile dans mon esprit le film de ce paysage féerique, j’ai l’impression de vivre un joli rêve : une étendue de collines verdoyantes, surplombées d’immeubles à vous donner des vertiges… N’est-ce pas donc de l’inédit pour un Sahélien, comme moi, venu d’une ville au relief plat et à la végétation clairsemée et désertique ?

Et que dire de ces échangeurs à plusieurs niveaux presque à chaque carrefour et dont les voies, entrelacées dans un système de chaos organisé, me déboussolaient ? Irrésistiblement, je pense à l’échangeur de Ouaga 2000, le tout premier de mon pays. Des années lumières semblent séparer Taipei de Ouagadougou.

Comme mes confrères membres de la délégation burkinabè effectuant ce voyage de presse, j’étais complètement dépaysé. L’aéroport de Hong-Kong, grand carrefour de transit pour des millions de voyageurs à destination du continent asiatique, est noir de…Jaunes. Dans cette fourmilière humaine, nous étions les seuls Noirs. Mais on est où là ? comme qui dirait. Hong-Kong n’est tout de même pas situé sur la planète Mars !

En tout cas, à moins d’avoir manqué d’attention, durant mon séjour, à l’exception des compatriotes étudiants et de ceux de l’ambassade du Burkina sur l’île, je n’ai croisé de Noir sur notre itinéraire. Naturellement, nous faisions l’objet de curiosité pour la plupart de ces Jaunes, dont certains approchaient de près des Noirs pour la première fois.

Ce voyage a été l’occasion pour la délégation d’hommes de média burkinabè d’apprécier l’hospitalité des habitants de l’île. La politesse est la chose la mieux partagée dans ce pays. Dans leur langue, le mandarin, nos hôtes nous servaient gentiment des « ni-hao » (bonjour) et des « chèché » (merci) dans les hôtels, les ascenseurs ou les magasins.

La courtoisie de la population, ajoutée au beau paysage, m’a fait oublier le caractère marathon de notre séjour. Et même le jet-lag, dont nous avions souffert sur deux journées consécutives. Bien sûr que je n’ai pu résister au sommeil à certains moments. Mais, au réveil, j’éprouvais quelque regret d’avoir manqué de prendre la photo d’une vue originale.

La virée vespérale au salon de thé

Entre autres visites, nous avons eu droit à une virée vespérale à MaoKong pour déguster de la boisson dans un salon de thé. On y accède par un funiculaire ou téléphérique, ce moyen de transport constitué de cabines suspendues à un gros câble, qui a été inauguré en juillet 2007 pour valoriser cette zone de Maokong, où, dans le passé, il y avait beaucoup de plantations de thé. Car, avec l’évolution, dit-on, nombre de cultivateurs avaient commencé à abandonner cette culture traditionnelle dans cette localité pour se reconvertir à d’autres activités.

« Cardiaques, veuillez vous abstenir ». C’est le message qu’on peut lire sur une affiche au départ. Dans le doute, il est même recommandé de faire un électrocardiogramme. Le deuxième conseiller de l’ambassade du Burkina, Isidore Taro, mon confrère Nebouma Nébié de la radio FM Pulsar, deux étudiants burkinabè à Taipei, Talato Kaboré et …Tankoano, et moi-même prenons place dans une cabine.

Et c’est parti pour une vingtaine de minutes d’aventure aux sommets des collines. Certains d’entre nous ne voulaient même pas faire le moindre mouvement, de peur de déséquilibrer l’appareil. J’en connais qui me défendaient même de bouger pour mes prises de photos.

D’autres évitaient, lorsque nous plongions dans les vallons, de regarder pendant longtemps vers le bas, de crainte d’être frappés de vertiges. De là-haut donc, nous avions une vue panoramique magnifique, non seulement sur l’ensemble du site, au relief vallonné, mais aussi sur une grande partie de Taipei.

Au terminus du funiculaire, nous faisons le reste du parcours dans le minibus, qui nous a été affecté par le ministère des Affaires étrangères de la République de Chine, pour rejoindre le salon de thé de Maokong. Le maître des lieux nous accueille et nous installe au bord de sa terrasse, qui donne une belle vue sur un grand bassin escarpé.

Sans perdre de temps, il dispose des ustensiles sur les tables, et procède à la démonstration de la préparation du thé. Cette boisson, qui fait partie de la tradition chez les Chinois, est servie aux hôtes à l’image du zom-koom (breuvage à base de farine de mil et de l’eau) au Pays des hommes intègres.

Au sommet de la Tour 101 de Taipei

De retour de Taichung, la troisième ville taiwanaise, par le TGV, nous sommes allés à la découverte d’une des merveilles artificielles de Taiwan : la Tour 101 de Taipei, le plus grand immeuble du monde jusqu’en 2008 (1), où nous nous sommes montés jusqu’au 90e des 101 étages. Des vertiges, j’en ai eu surtout chaque fois que je m’approchais d’une vitre pour admirer la beauté de la capitale taiwanaise ou prendre une photo.

L’ambiance n’a pas été que taiwanaise au cours de notre séjour. Elle a été aussi burkinabè, car nous nous sommes retrouvés en famille avec l’ambassadeur de notre pays en République de Chine, Jacques Sawadogo, et ses collaborateurs burkinabè. La visite de courtoisie a commencé par l’ambassade, où, après un bref échange avec ses locataires, chacun de nous a laissé sa griffe sur le livre d’or de notre représentation.

Le diplomate Jacques Sawadogo nous a, par la suite, reçus à sa résidence où il nous a offert un dîner copieux à la burkinabè. En tout cas, nous nous sommes régalé de « moui kaologo », ce riz au soumbala connu par bien de fins gourmets au Pays des hommes intègres. Et, j’allais oublier, du tô, accompagné d’une succulente sauce de gombo, savamment préparé par Mmes Sawadogo et Taro.

Une visite guidée dans un marché de nuit

Les habitants de l’île, comme si la journée ne leur suffisait pas, organisent des marchés de nuit. Nous avons eu droit à une visite guidée, dans un de ces marchés, sous la direction du 2e conseiller de notre ambassade à Taiwan, Isidore Taro, la veille de notre retour. Personnellement, avant cette sortie, j’ai eu le privilège d’en visiter deux dans la capitale et à Taichung. A Taipei, ce fut grâce à une connaissance de mon confrère Sam’s Ka le Jah de Ouaga FM, Angellica Hao, une généreuse dame cadre du Taiwan external trade council (TAITRA).

A Taichung, c’est un compatriote, Jean de Dieu Tapsoba, doctorant en statistiques, qui m’a amené dans un des nombreux marchés de nuit, avant de me faire promener avec son scooter à travers quelques artères de la ville. Nous sommes passés devant ce qu’ils appellent là-bas des KTV, qui sont des maisons récréatives, où on peut boire un verre en écoutant de la musique. Avant de regagner ma chambre au 40e étage de l’hôtel « One », où il y avait tout le confort, Jean de Dieu Tapsoba m’a offert un pot d’au revoir dans une alimentation.

Assis avec lui devant le magasin, j’ai été quelque peu inquiété par des va-et-vient incessants de policiers sur l’artère où nous nous trouvions. Certainement intrigués par la présence des deux nègres que nous sommes, ils voulaient s’assurer de ce à quoi nous nous occupions là. Mais je n’avais pas de quoi avoir peur, puisque j’avais pris le soin d’empocher mon passeport et la lettre de recommandation du ministère de Affaires étrangères de Taiwan, qui faisaient de moi, momentanément, un VIP sur leur territoire.

Dur dur d’être un voyageur fumeur

Que c’est dur aujourd’hui d’être fumeur et de devoir voyager par un vol non fumeur et sur un long trajet ! C’est encore pire quand vous avez pour destination un pays comme la France, où une loi, nouvellement votée, interdit de fumer dans les lieux publics. Imaginez un peu le calvaire d’un passager fumeur après un parcours de 5 h 30 minutes, auquel il faut ajouter 10 heures d’escale à l’intérieur de l’aéroport Charles-de-Gaulle.

Pour griller une clope, il faut aller au grand dehors. Et tant pis pour celui qui a un visa ne lui permettant pas de quitter la zone aéroportuaire. Que dire alors du trajet d’environ 13 heures entre Paris et Hong-Kong ? A la différence que là-bas, au moins, il a été prévu des fumoirs pour ceux qui souffrent de ce vice. Un peu tout comme si l’on leur disait de s’y retrouver pour s’intoxiquer. Tant l’air, dans ces cellules qui se ferment hermétiquement, y est suffocant.

Hamidou Ouédraogo

L’Observateur Paalga du 9 septembre 2008

 



09/09/2008
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