L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Telle une épidémie à Ouaga (L’hypertension artérielle )

L’hypertension artérielle

Telle une épidémie à Ouaga

Dans cette même rubrique "Carnet de santé", nous avons déjà abordé la question de l’hypertension artérielle à travers une interview avec le professeur de cardiologie Patrice Zabsonré. Mais au regard de l’ampleur de cette pathologie, qui touche aujourd’hui 40,2% des adultes de plus de 35 ans de la ville de Ouagadougou, nous avons jugé utile de revenir sur le sujet pour informer amplement nos lecteurs, car cette maladie gagne du terrain telle une épidemie. Pour cela, nous avons repris un article du magazine Santé-Infos Plus de la Clinique du Cœur.

La pression artérielle ou tension artérielle est la pression sous laquelle le sang circule à l’intérieur des vaisseaux sanguins (les artères) du corps humain. Habituellement mesurée au niveau du bras, elle est exprimée en millimètres de mercure (mmHg). Elle oscille entre une valeur maximale ou systolique et une valeur minimale ou diastolique.

Selon l’OMS, l’hypertension artérielle se définit comme une tension artérielle systolique supérieure ou égale à 140 mmHg et/ou une tension artérielle diastolique strictement supérieure à 90 mmHg. La technique de mesure doit être rigoureuse.

Comment survient-elle ?

La tension artérielle dépend essentiellement de trois facteurs :
- la quantité d’eau circulant dans les vaisseaux ; celle-ci est augmentée lorsqu’il y a une rétention d’eau et de sodium sel par le rein. Cela se voit dans certaines maladies endocriniennes ;

- la fréquence avec laquelle le cœur pompe le sang dans les vaisseaux, c’est-à-dire la fréquence des battements du cœur. Elle peut être augmentée dans certaines situations, notamment le stress et certaines maladies endocriniennes ;

- l’état des vaisseaux sanguins, c’est-à-dire leur diamètre qui est influencée par la quantité de sel présente dans les cellules de leurs parois et par certaines substances sécrétées par l’organisme.

Tous ces facteurs s’équilibrent habituellement pour maintenir la tension artérielle dans des limites optimales. Ils peuvent cependant être dépassés dans certaines situations.

Quelles en sont les causes ?

On distingue deux grands groupes d’hypertension artérielle : essentielles et secondaires.

Les hypertensions artérielles essentielles représentent 80 à 95%. Aucune cause n’est retrouvée, mais on note :
- un terrain prédisposant comprenant l’âge avancé, le sexe, l’hérédité et le surpoids ;

- des facteurs génétiques, avec une plus grande sensibilité au sel et une réponse exagérée au stress ;
- des facteurs environnementaux plus souvent rencontrés en zone urbaine comme une plus grande consommation de sel et d’alcool et une moins importante consommation de potasse.

Les hypertensions artérielles secondaires sont dues à d’autres maladies qu’on retrouve plus souvent chez le sujet jeune de moins de quarante-cinq ans. Il peut s’agir de maladies du rein, des vaisseaux, ou de maladies liées à des troubles de régulation de certaines hormones. L’hypertension peut être due aussi à la prise de certains médicaments ou de substances toxiques ou à la grossesse.

Comment se manifeste-t-elle ?

L’hypertension peut être découverte de façon fortuite par la prise de la tension artérielle au cours d’une visite médicale ou d’une consultation pour un autre motif. D’où l’intérêt de la mesure de la tension artérielle. Elle peut aussi se manifester par des signes mineurs comme :

- des maux de tête survenant la nuit ou au petit matin et non calmés par les médicaments antidouleur ;
- des vertiges ;
- des bourdonnements d’oreille ;
- des troubles de la vision à type de sensation de brouillard ou de mouches volantes ;
- ou des urines trop fréquentes la nuit. Enfin, l’hypertension peut être découverte au cours de certaines complications comme une crise cardiaque, une paralysie, des difficultés respiratoires, une baisse de la vision... Dans tous les cas, le diagnostic est posé par un médecin après la mesure de la tension artérielle dans des conditions précises.

Le diagnostic

Le diagnostic de l’hypersion artérielle repose surtout sur la mesure de la tension artérielle au cabinet par le médecin dans des conditions rigoureuses (au repos, matériel adapté et correct, mesures répétées...) en raison des implications que cela comporte du point de vue du traitement et surtout du changement de mode vie.

Le diagnostic peut également être fait :

- à partir de l’automesure tensionnelle : on demande au patient de mesurer lui-même sa tension artérielle en réalisant 3 mesures matin et soir pendant 5 à 7 jours ;

- par la mesure ambulatoire de la pression artérielle ambulatoire (MAPA ou Holter tensionnel), qui consiste à mesurer la tension artérielle du patient toutes les 15 ou 30 mn pendant 24 heures ;

- ou à l’effort pour apprécier le profil tensionnel d’effort (épreuve d’effort). Les valeurs seuil définissant l’hypertension artérielle sont différentes selon le type de mesure. L’ESH/ESC (European society of hypertension/European society of cardiology) donne la classification suivante des niveaux de pression artérielle :

Après avoir posé le diagnostic de l’hypertension artérielle, le médecin procédera à un examen du patient et demandera des examens complémentaires dans le but de :

- rechercher une cause curable ;
- évaluer le risque cardiovasculaire du patient ;
- évaluer l’état des organes cibles sur lesquels agit l’hypertension artérielle ;
- et rechercher des complications. Puis le médecin proposera une prise en charge adaptée à la situation du patient en fonction des données qu’il aura recueillies.

Comment se soigner ?

Lorsqu’une cause est retrouvée, un traitement permettra de guérir. Mais dans la plupart des cas, le médecin ne retrouve pas de cause précise à la maladie hypertensive. Elle sera alors appelée hypertension essentielle et nécessitera, le plus souvent, une prise en charge à vie. Cette prise en charge comporte des mesures hygiéno-diététiques et un traitement médicamenteux.

La prescription d’un traitement médicamenteux a pour but de normaliser la pression artérielle. C’est un traitement à long terme qui ne doit donc pas être stoppé ; le patient doit suivre à la lettre les doses de médicament et le moment des prises indiquées par son médecin, qui pourra modifier le traitement en fonction de l’évolution. L’intérêt des mesures hygiéno-diététiques est clairement établi pour tous les hypertendus quel que soit le niveau tensionnel. Celles-ci ont pour principe de :

- réduire ou faire cesser l’intoxication tabagique ;
- réduire le surpoids par un régime approprié ;
- diminuer la ration sodée ;
- limiter les apports en alcool ;
- inciter à reprendre une activité physique aérobique ;
- augmenter la consommation de fruits et légumes et réduire les apports en graisses saturées. Une surveillance régulière sera par ailleurs établie par le médecin en fonction du niveau de pression artérielle, du niveau de risque cardiovasculaire et du retentissement de l’hypertension.

Ouédraogo Adama Damiss

L'Observateur Paalga du 11 mars 2008

Encadré 1

Témoignage d’un hypertendu

C’est lors d’un contrôle annuel de santé des travailleurs il y a deux ans de cela que j’ai su que j’étais hypertendu. Quelques jours avant d’être consulté, j’avais de manière continue des vertiges ; j’étais très fatigué et par moments des palpitations plus accentuées au niveau du cœur. Malgré la prise de nombreux comprimés de paracétamol, le mal persistait. C’est lorsque j’ai commencé à observer des œdèmes au niveau de mes pieds que j’ai compris que mon cas était vraiment sérieux. Ainsi, profitant du contrôle annuel de santé, j’ai donc soumis mon cas au médecin qui a diagnostiqué une hypertension.

Il m’a donc mis sous traitement pour d’abord éliminer les œdèmes et me prescrire un traitement continu que je suis jusqu’aujourd’hui. J’observe également un régime sans sel. Je me rappelle ce jour la complainte de l’infirmière de faction à mon endroit en ces termes : « Hé, hypertendu à votre âge, ce n’est pas facile, car vous n’allez plus manger maintenant à votre guise… ». Le docteur a également recommandé la pratique du sport, à défaut, la marche tous les jours pendant 20 à 25 minutes.

Au début, ce n’était pas facile de s’adapter à de nouvelles réalités, car il faut prendre régulièrement, sinon quotidiennement, ses produits ; ce qui n’est pas évident, puisqu’il est arrivé des moments où j’ai oublié de prendre un ou deux comprimés. En plus, vous êtes obligé de veiller à ce qu’il n’y ait pas de rupture à votre niveau et souhaiter qu’il ne soit pas le cas en pharmacie. Les produits sont très coûteux ; je salue l’action de la CAMEG, qui essaie de rendre certains médicaments disponibles comme le captopril sous forme générique pour soulager de nombreux malades.



11/03/2008
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