L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Un clone de l'IDRI en gestation ?

Ministère des Affaires étrangères

Un clone de l'IDRI en gestation ?

 

Les travailleurs du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération régionale ont présenté leurs vœux de l'année 2008 à leur patron, Djibril Bassolet, dans la soirée du 5 février 2008. En réponse, le ministre s’est surtout appesanti sur le nouvel organigramme qui va régir les fonctionnaires au siège et les diplomates accrédités dans les pays amis, les événements du 10 mai 2007 et la promesse de ressusciter l’IDRI.

 

Comme cela arrive souvent dans les institutions, c’est au secrétaire général du ministère, Alain F.G. Ilboudo, qu’a été confiée la charge d’adresser les vœux de santé, de bonheur et de prospérité du personnel au premier hôte des lieux. Bien sûr, c’était pour ce missionnaire l’occasion ou jamais d’exposer les doléances du moment. En effet, s’il ne le faisait pas, il risquerait de s’attirer le courroux de ceux qui lui ont confié la tâche et qui lui en voudront certainement tout le reste de l'année 2008. L’émissaire a-t-il voulu respecter le conseil de cette vieille citation qui soutient que «Qui trop embrasse mal étreint» ?  Toujours est-il que l’auditoire présent dans la salle aura remarqué que celui qui est appelé couramment «S.G.» a surtout fait cas de quelques préoccupations qui semblent essentielles à ses yeux. Ce sont : la formation continue du personnel, la dotation en équipements de bureautique, l’octroi d’une indemnité spécifique aux cadres et l’attribution du budget pour vacances. Et comme pour permettre à celui qui est interpellé de digérer et de faire vite «accusé de réception» de ces requêtes, les organisateurs de la cérémonie ont aussitôt procédé à une distribution de cadeaux. Pour Djibril Bassolet, c'était un magnifique bronze représentant un chef traditionnel sur son cheval richement harnaché, et pour Minata Samaté, ministre déléguée chargée de la Coopération régionale, une gracile porteuse d’eau, également en bronze.

Du temps où il était ministre de la Sécurité, Djibril Bassolet n’aimait pas beaucoup improviser ses discours. Depuis qu’il est devenu le deuxième diplomate du pays, après "l’Enfant terrible" de Ziniaré bien sûr, il s’essaie à cet exercice de plus en plus. Curieux tout de même. Peut-être que les circonstances de la rencontre (une présentation de vœux) n’exigeaient cette langue de bois chère aux membres de ce corps de métier, mais avouons tout de même que cette méthode de communication a l’avantage d’être souvent plus efficace. Et si les autres collègues ministres tentaient de temps en temps ce procédé, leurs auditoires les suivraient tout au long de leurs propos sans consulter régulièrement leurs montres. Bref, après avoir «apprécié très positivement le discours» de son S.G., il a sans détour fait remarquer que «la maison n’a pas la réputation qu’elle mérite» suite à certaines attitudes sur lesquelles le principal orateur du jour n’a pas voulu s’étendre.

 

«L’IDRI ressuscitera, mais ne s’appellera pas IDRI»

 

Néanmoins, il a abordé les événements du 10 mai 2006. En rappel, ce jour-là, des élèves de la 1re promotion de l’Institut diplomatique et des relations internationales de Ouagadougou (IDRI) participent à une marche avec des membres du  Syndicat des agents du ministère des Affaires étrangères (SAMAE). Le 23 mai 2006, une décision du Conseil confirme la fermeture de l'Institut. Les étudiants sont reversés à l'ENAM pour terminer leur formation. Les agents qui y travaillent sont renvoyés à leur service d'origine et les autres contractuels remis à l'ANPE.

Quant aux fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères qui ont participé à la manifestation, ils sont remis à la Fonction publique pour emploi. Le ministre des Affaires étrangères, qui veut visiblement panser les plaies, a estimé qu’au contraire, c’est une situation qui a eu le mérite de permettre de se ressaisir et de voir de plus près les conditions de travail dans la maison commune. Du reste, il a promis l’érection d’une autre école du genre de l'IDRI en ces termes : «Nous tâcherons de remettre sur pied l’IDRI. Nous allons très rapidement réfléchir à un nouveau cadre de formation», avant de préciser en souriant : «…même si nous n’allons pas l’appeler IDRI». Avec le nouvel organigramme des Affaires étrangères, le ministre Bassolet a promis que cela permettra «de mettre de l’ordre dans la gestion du personnel et dans le mouvement des diplomates burkinabè».

 

Issa K. Barry

L’Observateur Paalga du 7 février 2008



07/02/2008
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